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Tome cinquième.
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AvïRTISSEM

•au Roi.

i5 4 MEMOIRES

ficulté en faisons-nous avec l’Etranger , l’Anglois, l’Ecofloís,"le Flamand, l’Allemand, 1c Suisse, qui font profession de laRéformation , vont &. viennent librement dans votre Roïanme,& les fils de famille font traités fi cruellement en la maison deleurpere? On craint de rompre le commerce avec ics voisins.,Bc nous nous vautrons au sang de nos domestiques? Cette in-violable charité de la Patrie que les Païens ont fi religieusementconservée , les Chrétiens l’anéantiílènt de la propre maison deDieu. Non , ce Temple corrompu ne sert plus que de caverneaux brigandages , aux trahisons , aux parricides , puisque sousson ombre nous confondons ainst les affaires du monde. Jeme fuis souvent ébahi d’ouir ces mutins armer le Peuple en lachaire, au lieu de prêcher la paix. Boutefeux enragés , qui nevomissent que leurs passions & cependant nous ensorceleurdu charme de piété. Ils l’ont dit, il le faut croire, que le Ca-tholique 8c l’Huguenot font incompatibles. Quelle raison y a-t-ilde tirer aux personnes ce qui est en la chose même ? Et quelleraison d’opiniâtrcr la chose même, s’il y a m oie n de l'appointer ?Du temps du feu Roi, les années que nous cumes de paix cncc pauvre Roïaumc, montroicnt-cllcs point parla conversationconfidente de vos Sujets , l’impudcnte fausseté de cette maxi-me ? Et quand elle íeroit véritable , faut-il que les armes dé-sespèrent notre réunion ? Pour nous accorder, nous ferez-vousentrebattre, Bt non pour embraser de plus en plus notre fureur?Où est, où est le fruit de ces belles résolutions ? Qui a gagné àles élancer ? Qui a perdu à les rabattre ? Vanité de l’hommc,mais entre les hommes, du François qui s’aime mieux travaillersoi-même que vivre dans les douceurs du repos, qui brûleroitplutôt fa propre maison que s’cmpêcher de mal faire ; espritsbouillans, cerveaux frénétiques, âmes sanglantes, le jouet & larisée de tout le monde, à qui le bruit de leurs insolences a frappél’oreillc. Et ne serons-nous jamais à la fin de ces maux , fuisrechercher la nôtre propre / Chacun épouse les fantaisies d'au-trui. Nos devanciers ont donné cours à ces folies , Bc nous ycourons par imitation. Ils nous ont allaités de sang, Le nous leregorgeons encore. C’est crime de leze-Majesté de parler de con-corde parmi ces forcenés. Us ne font pas à leur aise, si tout lemonde n’est en peine , Le plutôt qu’endurer une petite pointed'épine au pied, ils hacheroient en pieces leur propre corps. S’iísne voient le magasin des Enferts ouvert pour vomir fur lemonde un monde de miseres , ils ne trouveront jamais de