IL-LETTRE DESDéputés, auxPrinces , &c.
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MEMOIRES
des Princes qui soutiennent le parti qui lui est contraire, de con-tinuer longuement ou plutôt perpétuer nos miferes & calamitésque notre Roïaume a louíFertes depuis cinq ans en-çà. A quoide votre part nous désirons de tout le cœur qu’il y soit remédié».Vous prions conjurons au nom de Dieu ôc-par la charité quiest due à la Patrie, de vous joindre & unir avec nous en ce saintdésir Lc nous fortifier de vos bonnes volontés. 11 faut que depart èc d’autre nous nous efforcions de couper la racine à ce malde division par tous moïens possibles. Nous savons aster que nosennemis ne prennent autre argument pour nourrir entre nous ladivision, 8c ne couvrent leurs mauvaises volontés, que du man-teau de Religion. C’est ce qu’ils ont ordinairement en la bouche&C qu’ils ont le moins dans le cœur. Enfin chacun a vu & faitmaintenant que l’apostume de leur exécrable ambition est cre-vée. II n’y a bon François qui ne soit offensé de la puanteur quien sort. Nous accordons avec vous , qu’il faut que de part Scd’autre nos forons prudens : aussi n’est-il pas question de vouloirêtre prudent plus qu’il ne faut. II y en a qui disent que si les Ca-tholiques étoient joints ensemble, il seroit aisé d’ôtcr la Cou-ronne au Roi. Qui nous garantira que les Catholiques qui en-treprendront de lui ôter la Couronne viennent à bout de leurentreprise ? II y a trop plus d’apparence que si le Roi eût étédestitué de l’assistance de fes Sujets Catholiques &. fut venu àbout de fes ennemis , comme toutes choses qui se décident
Î >ar le jugement du couteau , sont douteuses & incertaines , quea trop grande prudence dont l’on eût voulu user à chercher unautre Roi, n’eût servi d’autre que de hâter sans aucune nécessité laruine de la Religion Catholique. Car étant ainsi , que l’on seroitvenu à conseils extrêmes, il étoit fort à craindre qu’aussi de l’autrepart on ne fût venu à conseils extrêmes. Quelle nécessité nous adu ou doit forcer à prendre un conseil hazardeux , que d’ex-poscr la Religion Catholique à un si grand àc si évident dangerêc avec la Religion ce beau Roïaume de France, notre doucePatrie, nos honneurs , nos biens & nos moïens , s’il fera pro-cédé à sélection d’un autre Roi ? II se peut dire qu’au lieu d’a-voir trouvé le chemin du repos èc de la paix , l’on aura bâti ence Roïaume un temple à la discorde , un autel dressé à la conti-nuation &: perpétuité de nos miferes , qu’il n’est besoin que nousvous représentions, pareeque vous en souffrez votre bonne part,comme aussi nous y participons à la bonne mesure : non plusque nous ne pourrions souffrir l’ardeur de deux Soleils s’ils
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