Band 
Tome cinquième.
Seite
369
JPEG-Download
 

DE LA LIGUE.

non-feulement nous nous garantirons de Ja violence de nosennemis, mais auíîi que nous reprendrons nos premières for-ces , Sc le même degré d’honneur Sc de prééminence que ceRoïaume a tenu depuis mille ans en çà fur tous les Roïaumesde la Chrétienté. C’eíl le but où nous tendons , que de conti-nuer cette Monarchie Françoise. C’est le but où tend l’Espa-gnol que de l’abattre , Sc vous sollicite pour cet efFet avec uneii violente importunité, que vous procediez, nous ne dironsplus à sélection d'un nouveau Roi, mais que vous lui en don-niez la nomination. Nous estimons d'être bien fondés en nosopinions, que sélection qui fe feroit en ce Roïaume d’un au-tre Roi que celui que Dieu Sc la nature nous ont donné, mettrpitles affaires de la Religion Catholique Sc du Roïaume de Fran-ce au plus misérable état qu’o n l’ait vu depuis mille ans en çà.Auíîi n’estimons-nous pas que vous voulussiez, ni puissiez ,comme aussi il n’appartient à aucun quel qu’il soit, de violer laLoi fondamentale au Roïaume , qui donne la Couronne auplus proche en dégré en ligne masculine au Roi dernier décédé.Les choses à venir font invisibles , Sc n’y a rien de certain que cequi est de Dieu & du passé. Le plus certain jugement que nouspouvons faire de l’avenir, est de nous refondre par ce qui estpaíle. Ceux qui disent que c’est chose aisée d’ôter la Couronneau Roi, ne fe remettent pas astêz devant les yeux , qu’étant auservice du feu Roi tout ce qui est maintenant joint au parti doncest Chef Monsieur le Duc de Mayenne, comme aussi étoienttous les Catholiques qui font demeurés fermes Sc constans auservice de Sa Majesté, le Pape, le Roi d’Efpagne, faisant touteassistance audit feu Roi, qui fut aussi favorisé des deniers desVénitiens Lc du grand Duc de Toscane, ce néanmoins tous cesPotentats, toutes ces grandes forces ne purent abbattre ce Roi,n’étantlors que le Roi de Navarre. Maintenant que légitime-ment Sc selon les ordres du Roïaume, il porte fur fa tête la Cou-ronne de France, s’étant fait maître d’un si grand nombre deVilles Sc Païs ; lui aïant tous les Princes de son sang , autresPrinces , tous les Officiers de la Couronne , un excepté , Sc laNoblestè en nombre infini, fait une si grande & si ex preste dé-claration de la volonté qu’ils ont de le servir , Sc lui rendretoute fidelle obéissance ; fe trouvant aussi fortifié de tant d’an.i-tiés Sc alliances des Potentats Etrangers, comme fe peu t-o ndire que ce soit chose aisée de lui ôter cette Couronne ? II fepeut dire avec beaucoup d’apparence , qu’il est aisé, avec l’appuiTome V, A a a

1 593 -

Lettre desDéputés, A U XPiUNOES, &C.