DE LA LIGUE. .373
réconcilier avec le saint Siège ; que de votre part vous envoie-riez par devers Sa Sainteté , pour avoir son bon &c paternel avis t ’’fur l’état des affaires de ce Roïaume , feriez tous bons offices, dÈí'utes^a'uxnous priant de nous vouloir comporter ensorte qu’il n’avînt PiuNcts 5 &;c.aucun Schisme en l’Eglise Catholique , & que nous nous em~ploïafsions à contenir toutes choses en douceur , Lc au cheminde la paix & union, qui nous est: si nécessaire. Messieurs ,nous n'avons rien obirns de tout ce qui est en notre pouvoir,a tin de vous donner tout le contentement que pouvez atten-dre des personnes qui vous aiment, & désirent votre amitié.
Le Roi s’est déclaré qu’il accordera volontiers une treve , asindedonner quelque relâche à son pauvre peuple de tant de misèresque la guerre lui fait souffrir. II y a maintenant cinq semainesque cela vous a été proposé de notre part , &í réitéré à notrederniere conférence. Nous avons avec beaucoup de patience,
Le d’incommodités , attendu votre réponse ; ce n’est pas la né-cessité des affaires du Roi qui nous en a fait parler. Sa Majestéavoitalors son armée prête , qui a, durant ces longueurs , exé-cuté la prise de la pauvre Ville de Dreux , quia souffert ce queles ennemis de ce Roïaume désirent, au très grand regret de SaMajesté Lc de ses Serviteurs , dont il vous peut a fiez apparoir:parccque fur la nouvelle que l’on eut de l’entreprise de Dreux ,nous vous fîmes entendre que vous vous deviez hâter de nousfaire réponse. Nous en avons écrit à Sa Majesté qui nous a faitfa bénigne réponse; qu’encore qu’clle tînt pour assuré la prisede ladite Ville, si est-ce quelle vouloit donner au bien publicle dommage qu’elle pouvoit souffrir , pour ne savoir remise enson obéissance. Messieurs , nous ne pouvons regarder à yeux secsles calamités de ce Roïaume, la désolation des bonnes Villes,
&. fur tout celle de Paris , qui a déja tant souffert. II ne s’agitpas ici des feux qui fe mettent en la Tartarie , ou en la Mosco-vie ; c’est notre Patrie qui bride , qui se perd , qu’on réduit enpoudre ,& en cendres. Nous en pleurons ôt gémiílons dans noscoeurs ; nos misères font pleurer nos amis , &: rire nos ennemis ,qui est l’extremité des malheurs qui peuvent advenir aux hom-mes. Nous sommes attendant votre réponse , que nous avonsintérêt de savoir en bref : comme nous pensons, Lc pensons
le bien savoir , la bonne Ville de Paris y est plus intereffee quenulle autre ; ellen’a déja que trop souffert, où on ne savoit quec’est de souffrir. Nous n’ignorons pas que les Espagnols vousveulent paître de l’espérance de leurs armées, qui ont été bat-