DE LA L I G U
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trcprendre l’usurpation de cet Etat ; pour à quoi parvenir, s CS —'
Ministres n’ont obmis chose que la malice, ruse & subtilité '
des hommes puisse inventer , qu’ils n’aient mis en ufacr e . Ce FhÍnçoÍs!*Prince Espagnol, qui a de si longue main jette les yeux sur ceRoïaume , a suivi tous les moïens qui sc peuvent tenir pour par-venir à la ruine & usurpation d’icclui : comme il s'est trouvé encommodité de deniers , s'étant acquis le repos en toutes sesProvinces par la paix qu’il a eu avec nous , il a avisé d’en fairesemer & distribuer plusieurs grandes sommes en divers lieuxde ce Royaume , òt par ce moïen a gagné le cœur & Jes volon-tés de plusieurs , qui se sont dits plus zélés que les autres à laReligion Catholique , à ce qu’ils sustent tant plus aisément ex-cusés, deeeque, contre le naturel du François, ils se mon-troientsi passionnés pour l’Espagnol. Or , nous aïant ledit Roid’Espagne , par ses subtilités & inventions , armés & acharnésles uns contre les autres , il a envoïé quelque secours de sesgens de guerre a u feu Roi Charles : ce que n’a pas été faitlans que pour cette occasion il soit entré cn dépense • mais ila estimé quelle étoit bien emploïéc , pareeque se conservant cnrepos , il nous entretenoit en guerre , & avoir ce plaisir de voirque les François s’entrctuoient & se ruinoient eux-mêmes. IIestimoit aussi , que par ce moïen il acquérois un o^aiid avan-tage parmi les Catholiques , se montrant si prompt & si affec-tionné à emploïcr ses forces ôc ses moïens contre ceux qui sesont départis de la Religion Catholique. Ces secours , commeun chacun fait, nous ont été vendus bien cher , & maintenantce Prince en poursuit une bien lourde récompense ; ce qui nousfait juger , que ce que ci-devant il a envoïé des forces au RoiCharles , n’a pas été pour zele de Religion , mais seulementpareeque, sous prétexte de Religion , il couvoit en son cœurune insatiable ambition , de pouvoir un jour empiéter & en-gloutir cet Etat, dont le feu Roi, que Dieu absolve , fut bienaverti par feu Monsieur de Mandclot (1) ; lequel , comme sideleSujet & Serviteur de Sa Majesté , lui fit entendre ce que Ma-dame de Nemours lui avoit déclaré , du propos que Monsieurde Savoie lui auroit tenu lorsqu’elle fit un voïage en Piedmontcnl’an quatre-vingt-quatre, la priant de persuader Messieurs sesc n fan s de vouloir lever les armes contre ledit Sieur Roi leurdonnant conseil de prendre ce prétexte , que ce qu’ils en fai-saient étoit pour la conservation de la Religion Catholique.
(1) François Mandelot, Gouverneur du Lyonnois.