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Aviî auxfaAN^ois.
391 MEMOIRES
Cc faisant, les affuroic qu’ils auroient toute faveur &: aísistancé-du Roi d’Espagne , qui leroit consigner entre ses mains la som-me de deux millions d’or , dont il se rendoit responsable, pourêtre ladite somme emploïée aux dépenses nécessaires pour lesoutènement de ladite guerre. A quoi ladite Dame fit réponse ,que ses en fans étoient bons Serviteurs du Roi, ôc qu’il ne fal-loir esperer qu’ils vouluílent entreprendre aucune chose au pré-judice du service de Sa Majesté ; &c s’il est question de faireapparoir de la vérité de ce fait, l’on a en main la preuve de l’a-vis donné par ledit Sieur de Mandelot , &madite Dame de Ne-mours fe trouve dans Paris , qui est mieux informée de ce fait,que nul autre. Sur ce , nous appelions à témoin fa vertu & faconscience , comme auíîì nous faisons celle de Monsieur le Ducde Lorraine , s’il n’a su que le Roi d’Espagne a fait offrir au feusieur de Clervant, que pourvu que ce Roi , qui n’étoit lors que1 c Roi de Navarre , fe résolut de faire la guerre à bon escientau feu Roi, c’est-à-dire, d’abattre & ruiner la Religion Catho-lique ; en ce cas , ce Roi Espagnol, qui se vante être le pillierdes Catholiques , lui feroit fournir pour le soutenement de la-dite guerre , la somme de trois cens mille écus. II y a un autrefait de ce Roi, qui se dit si grand Catholique , qui nous té-moigne aíïez ce qu’il a dans le cœur touchant la Religion. No-tre Roi à présent régnant, se trouvant en sa Ville de Pau, ily a environ onze ans , le Chevalier Moreo, qui a été l’un desNégociateurs du Roi d’Espagne, des principaux Architec-tes de la derniere ruine advenue en ce Roïaume, fit entendreà Sa Majesté, par le Vicomte de Chaux , avec lequel il avoirtraité fur la frontière de Bearn, que s'il lui plaisoit de se résou-dre de recommencer la guerre au feu Roi, ledit Roi d’Espagnelui feroit fournir cinquante mille écus par mois , pour l’entretc-nement de son armée. Promettant outre cela de lui bailler unegroste somme de deniers , demandant feulement ( attendu qu’ilétoit Catholique ) que les Villes qu’il prendroit en ce Roïaume,avec les forces qu’il foldoïoit de ses deniers , fusion t remisesentre les mains de Capitaines Catholiques , soit qu’ils fe trou-vaílent en son armée, ou autres ; ne voulant empêcher que cel-les qui seroient surprises , par ceux qui faisoient profeíîion deía Religion , que tenoit ledit Sieur Roi, ne fuílent par eux re-tenues & commandées , comme il verroit bon être ; & fut pré-senté à Sa Majesté , de la part dudit Moreo , la lettre que pourcette occasion, il avoit reçue d’Espagne.
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