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Tome cinquième.
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DE LA LIGUE. 395

la Majesté Françoise, pour avoir soutenu la Loi Salique con-tre le Roi Edouard d’Angleterre ( i ), de laquelle Loi nos bonsPeres ont estimé que la liberté ÒC dignité du nom Françoisdépend principalement, jugeant que ce leur seroit chose partrop honteuse, si ayant accoutumé de donner ô c Loix & Roisaux autres Nations , ils consentoient de tomber sous le jougdes Etrangers. Que Dieu, par fa bonté, ne veuille souffrir quenous ajoutions ce crime à nos fautes ; que la Postérité nousblâme , d’avoir cherché en Espagne ôc en Allemagne un Roiôc une Reine, aux^ucls la France s’assujettiílc, ou qu’aïonsconsenti de reconnoitre pour Roi, un qui n’est du Sang Roïal,ainsi qu’est requis par la Loi Salique ; ayant mêmement unRoi, issu de pere en sils , de ce bon Roi Saint Louis ; unRoi, dis-je , dont la vertu est honorée par toutes les Provin-ces Chrétiennes, qui est en la fleur Lc au meilleur de son âge;que nous voïons d’une présence & Majesté vraiment Roïales,plein de bonté , clémence &í humanité, très prompt à pren-dre un bon conseil , très résolu à le mettre à exécution, har-di , véhément & heureux aux Batailles ; bénin ôc modéré enîa victoire , auquel nul effort de ses ennemis ne peut donnerterreur , non plus qu’aucune passion de vengeance ne peut sur-monter la bénignité de son cœur, qui désiré, principalement yde pouvoir remettre son épée au foureau , afin qu’il puiffe fairerégner la justice parmi ses Peuples, faire vivre en repos ôctranquillité les trois Ordres de ce Roïaume, conservant unchacun en ce qui lui appartient, & affectionnant, comme iídoit, Lc autant que chose de ce monde, le soulagement deson pauvre Peuple , désirant qu’il ne soit rien exigé sur lui ,que ce à quoi Ton peut être contraint pour la nécessité 8cconservation de l’Etat. Que ceux qui font service , puisientavoir ce qu’il s méritent ; que à ceux auxquels il est dû , soitdonné le raisonnable contentement qui se peut, étant sonprincipal but de faire connoître, par effet, combien il veutaimer les Princes, conserver son Clergé, favoriser sa Nobles-se , gratifier ses Villes, & soulager le Peuple des Champs,faisant rendre à un chacun bonne ôc égale Justice , &c ne dé-sirant rien tant, après ce qui est du salut de son ame, quede pouvoir porter au Tombeau cette louange, qu’il a méritéd’êtrc tenu pour très bon Roi, très vaillant à l’épée.

Pour conclure ce propos, nous prions, avec toute charité

(i) yoïez l’Histoire de Philippe de Valois, par M. l’Abbé de Choify.

P à dij

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Avis AUX

Fxançois.