DE LA LIGUE.
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je , je pense ne m’en pouvoir taire sans offenser Dieu , recon-noiíîant que de jour en autre ils perdent plusieurs du Peuplecorporellement Sc spirituellement; corporellement, par les fa-mines , nécessités, Sc maladies qu’ils leur font endurer fanssujet s’il n’est imaginaire ; spirituellement, parles propositionspernicieuses qu’ils impriment aux cerveaux des Simples , dontils ne peuvent rapporter autre fruit qu’unc damnation éternel-le. Prenez garde à ceci, Peuple, Sc que le beau Sc spécieuxnom de Sorbonne ne vous offusque plus les yeux comme au-paravant ; car elle n’est plus qu’une ombre Sc simulachre de cequ elle a été autrefois , fi encore elle mérite un tel nom , ceque je ne pense pas.
II y a quelques années que tout ce qui partoít de ce Corps-là , étoit réputé comme un oracle , Sc non fans cause ; carc’étoient gens doctes Sc libres de toute passion , non ambi-tieux , hypocrites , séditieux Sc sanguinairescomme ceux dece temps présent. Je ne puis dire ceci fans larmes , Sc le re-gret que j'en ai me fait presque tomber la plume de la main :Tu as été autrefois, Sorbonne , la perle du monde , le propu-gnacle de la Religion, l’épouvantail des méchans, J’adreslcdes dévoies , le miroir de perfection , le domicile de toutevertu, sainteté, paix Sc douceur Chrétienne. Mais, ô Dieu,quel changement ! Aujourd’hui qu’es tu autre choie, sinonÒjjìcìna nequitiœ , arx civium perduorum , receptaculum homici-des um , cajìdlum latronum , bujium legum divinarum & huma-narum ; la boutique de toute méchanceté , la forteresse des'Citoïens désespérés , le réceptacle des meurtriers, le château Scretraite des larrons, le tombeau des Loix divines Sc humaines.Tes assesseurs aussi , quels font - ils autres? sinon meurtriers,,voleurs, perturbateurs du repos public, ennemis des Princes,tant d’un parti que d’autre ; violateurs des Loix humaines Scdivines , contempteurs des Magistrats de la République ( 1 ) ? Cefont telle manière de gens qui t’assistent, tant en tes proces-sions que prédications mensongères Sc séditieuses. Que si main-tenant on regarde à la doctrine Sc résolutions, ne dira-t-onpas que telle assemblée n’a jamais pris son commencement Scorigine de cette premiere , qui a toujours été recommandéepour la sincérité de conscience Sc pureté de Religion ? Pour-
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La Démo.NOLOGJE.
(1) C’étoit trop dire assurément : quoique les mauvaises opinions aient pu prévaloiralors dans la Faculté de Théologie, elles y trouvoient cependant des Contradicteurs &des Défenseurs des bonnes Maximes.