4.04 MEMOIRES
—-- de médisances Sc propositions séditieuses ; ce que toutesfois ne
593' m’étonneroit pas beaucoup , si je n’avois égard qu’à ceux quiLa Dímo- les avancent, attendu qu’ils font long -tems y a troublés denologie. ] eur cerveau (i), &qu’ils n’ont jamais su que c’eltde bien ôc fa-
Í ^ement parler. Mais quand je me remets devant les yeux quees Grands patiemment l'endurcnt, le voient ôc I’oient, com-ment ne demeurerai-je éperdu en moi-même , craignant quele fait ne leur plaise ? Sicut incognito, velle nojje prudentis ejl( dit Caísiodore ) , ita comperta dijsimulare dementice eji , eopreesertim tempore , cùm noxia res ad celerrimam pojjit pervenirecorreUionem : tout ainsi comme, dit-il, c’est le fait d’un hom-me bien avisé , de vouloir connoître ce qu’il ne sait pas ; auíîìeít-ce un trait d’homme peu prudent, de dissimuler les chosesconnues, principalement lorsque le fait dommageable ôc per-nicieux pourroit être facilement corrigé. Negligere , cùm per-turbare pojjìs perverjos , nihil aliud est quàrn fovere. Nec caretfcrupulo fòcietatis occultée , qui manifefìo facinori dejìnit obvia -re , comme disoit le Pape Eleutherius en PEpitre Décretalcqu’il envoie aux Provinces des Gaules. Ainsi cette tolérance,par trop évidente , pourroit justement mettre de la défianceen la cervelle de plusieurs , n’étoit qu’il ne faut jamais mal ju-ger des Princes que bien à propos, ôc croire qu’il n’est pasbesoin que tout le monde connoisTc toujours leurs intentions,ôc pénétré jufqu’au plus secret de leurs cabinets : cela est dan-gereux, 6 L auísi bien n’y gagne-t-on rien d’ordinaire, commenous l’enseigne Tacite sous ces mots 3 abditos Principumsen-jùs & (i quid occultius parants exquirere anceps , illicitum , necideò adfequare. Quant à eux donc , je prierai feulement Dieuqu’il les inspire à bien faire , ôc cependant me donnerai degarde de contrôler leurs actions , ôc n’en jugerai mal jusqu’àtant que le tout me soit auffi clair que la lumière du Soleil enplein midi. Mais quant aux particuliers que je vois manifeste-ment, à la façon des Prophètes, séduire le Peuple, ôc plus quejamais allumer les funestes flambeaux de discorde parmi lesFrançois , aiguiser leurs langues venimeuses ôc serpentines pourpeindre ôc mordre leur Roi légitime, avancer propositions hé-rétiques , afin d’entretenir le mal, ôc précipiter la France enune fondrière de malheurs incroïables ; quant à ceux-là, dis-
(i) Il semble que l’Auteur veut ici délî- la Satire Ménippée , pag. jc de l'édit. in i°,gner le Docteur Rose , qui avoir quelques & dans les Remarques,accès de folie, comyie on peut lç voir dans (i) Sur la même Satire, p. 188,