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Tome cinquième.
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comme une mer toujours agitee , & qui à diverses occasions mene Sc promene ceux qui y font, à mesure que le vent chano-e &tourne. La seconde , a été Pattente du tempéramment 6c modé-

DE LA LIGUE.

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Epître de M.DE MoRINNÛ

ration qui étoit requise à Pinjuste douleur ôc non jamais croïa-ble ennui qu’avez eu de la conversion du Roi , laquelle vous nedésiriez Lc n’esperiez , qui a été cause qu'un changement si sou-dain avoit engendré en vos âmes une grieve Lc sorieuse mala-die. Or, ai-je appris de Pline que , Jìcut crudum adhuc vulnusmedentium manus reformidat , deinde patitur atque ultro requirit ,fie recens animi dolor remédia rejieit ac refugit , mox defiderat , &clementer admotis acquiefcit : tout ainsi que la plaie encore touterécente , craint 6C appréhende la main du Chirurgien , maisaprès Pcndure volontiers Lc la recherche , ainsi la soudaine Lcnouvelle douleur de Pesprit rejette du commencement les re-medes que par après elle désiré , Lc auxquels volontairementelleacquiesc. Qui a fait que j'ai pensé qu’il falloit laiíser coulerun peu de temps , ne efsem unguis in ulcéré , tandis que ces pre-miers bouillons de colere s’accoiíseroient, Lc que après vous re-prendrez vos esprits Lc vous rendrez plus traitables Lc mania-bles, à la raison de laquelle vous ne sembliez pas être capablesau fort de votre douleur. Ce sont les causes qui mont fait diffé-rer le Discours présent, lequel maintenant je vous envoie, aïanteu quelque loisir par le départ de la Cour, Lc quelque espérancede votre salut, par la maturité que le temps a pu apporter à vo-tre plaie. Je fais bien que ce qui vous a dès le commencementfâché, a été notre départ , qui pour cette occasion publique-ment Lc particulièrement a été blâmé de ceux , qui ont eu de-puis ces troubles une langue venale , & quos inhonejla & perni-tiosa libido tenet 3 potentice paucorum decus atque libertatem fuamgratificari , comme parle Crispe Saluste. C’est à quoi aussi pré-sentement je délibère Lc efpere de satisfaire , pourvu que vou5n’y apportiez , non plus que moi, de passion , parcequ’où icelsedomine , l'efprit Lc la raison a peu de force. Pour entrer doncen matière , je vous demanderai volontiers , en quoi notre dé-part vous a semblé digne Lc légitime objet des calomnies de nosmalveillans Lc adversaires ? Est-ce pour avoir quitté notre trou-peau pour un peu de temps ? Est-ce pour avoir donné quelqueavancement à la conversion du Roi ? Quant au premier , jeveux bien que vous sachiez que si votre fondement n’est autreil n’est pas de grande conséquence , Lc que le bâtiment appuiefur icelui , fe précipitera bientôt en une ruine inévitable. Je