D E L A L I G U E. 4 r 7
vit populus meus vocem meam , & IJrael non intendit mihi ; & --
dimifìeos Jecundum dejîderia cordis eorum , ibunt in adinventio- 1 593’nibus fuis , Pfal. 80. Mon Peuple débauché n’a point voulu Epi 7, ke deAIécouter ma voix , ni ajouter toi a ma parole. Pourtant 1 ai-jelaissé faire selon ses pervers désirs : aussi marchera-t-il en la per-dition que lui prépareront les mauvais conseils qu'il forge enson cerveau. Voïant donc qu’en vain nous travaillions , Sc quenotre récompense n’étoit qu’un déraisonnable mépris , nousavons pensé que ce ne feroit point chose désagréable à Dieu ,si pour quelque temps nous quittions la place, tant à la violencequ’à l’ignorance. Quand notre absence ne feroit fondée que furcette raison , encore y auroit-il de l’apparence ; mais il y a plus,que nous étions en danger de nos personnes pour avoir reçu let-tres du Roi, Sc de cela nous menaçoient aílèz ceux quorum velo-ces pedes ad effundendumfanguinem ; Lc crois qu’ils eussent effec-tué leurs malheureux desseins long-temps y a, n’eut été la crain-te qu’ils avoient de Monseigneur le Duc de Mayenne Sc Mon-sieur de Belin leur Gouverneur , lesquels abhorrent autant lacruauté Sc l’injustice comme les autres ardemment l’cmbrassent.
Or, tiennent tous les anciens Peres , que quand les Passeursfont en hasard de leurs vies, ils peuvent licitement faire la re-traite , ainsi que le résolut Saint Augustin , en l’Epître qu’il en-voie à Honoratus, y mettant cette circonstance particulière ;quando persona queeritur non Religio. Or , qui nie qu’on n'envoulût à nos personnes , vû que le bruit en étoit tout commun,
Sc qu'aucun jour ne passoit que l’on ne nous en donnât avertif-semens particuliers? Faux Lc mensongers, direz-vous , j'en dou-te : mais quand ainsi feroit, vu que nous n’étions pas assurésde la vérité, Sc que nous connoiffions la malice de nos adver-saires être a fiez encline à l’effuíion de sang , estoit-ce pas foliede fe hasarder, Sc par une confiance téméraire , s’cxpofer aupéril qui pouvoit être ? II n’a point donc été mauvais de fe reti-rer pour quelque temps Sc s’exempter du mal que convoient lesmalins en leurs courages passionnés ov yctç t)ç vi/xmç ipvyíuv xctzovcvdíva. vv£f a Béà npov , óç q>îvyav 7 rpo<pvyin xaxòv tí^n^ ctÂdn , difoitHomere. Mais venons au second point, qui pourra aussi servir detroisième raison, pour confirmer la nécessité de notre départ.
Vous nous blâmez de nous être trouvés à la conversion denotre Prince ; c’est de fait ici , où nos malveillans triom-phent de baver , s’efforçant par le venin de leurs calomnies ,gâter Sc rompre le bien qui a procédé de l’accompliílement deTome V. G g g
O o