DE LA LIGUE. 419_
C’est bien dit, car notre France défigurée de ruines &. mafia- 1593.cres , dont on n’avoit oui parler que depuis quarante ans, mon- Epître i>i m.tre aílez que ces fréquentes mutations font périlleuses. deMom.nne.
C’est à autre temps que tel Discours fe réserve, non pas àcelui-ci, auquel Dieu donne aux François un Roi, le plus dig-ne de porter Sceptre Sc Couronne , qu’autre qui ait jamais été.
Nul ne le devance en valeur ni en pieté. Tous les hommesdoués de quelque science consciencieuse avouent mon dire.Quelques-uns, en petit nombre, gens à qui la peur Le la disetteont conseillé de troubler l’Etat, tâchent par calomnies d’obf-curcir les vertus de ce grand Prince , Sc ce qu’il a fait depuis
3 uelques jours en grande dévotion, est par eux diffamé du nome simulation affectée. Mais , qui es tu, toi, qui juges le ser-viteur d’autrui devant le temps que viendra son Seigneur, le-quel découvrira les cachettes des ténèbres, Sc manifestera lessecrets conseils des pensées? C’est Dieu seul qui connoît le cœurtortu Sc profond de l’homme mortel, qui volt de loin les dé-tours Sc virevoustes de l’ame, qui fuit au pas nos routes Sc des-seins. Si l’homme cuide je pouvoir suivre , il s’abufe , étant dunombre de ceux dont l’arrogance monte toujours, qui non-feu-lement veulent être Rois, ains auíìi s’efforcent de faire la partà Dieu.
Je me trompe, ou tels obliques jugemens vous déplairont.
Vivez alaigres , embrassez la modestie qu’avez toujours aimée ,rembarrez nos ennemis par les raisons que je vous ai proposées,attendant que la paix succède à la guerre civile , au moïen dequoi la porte soit ouverte au siecle d’or, Sc liberté redonnée auxamis de deviser ensemble. Adieu. De Saint Denis, ce 1 z c jourd’Août, 1593.