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Tome cinquième.
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DE LA LIGUE.

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íú'ant déclaré audit Curé fou intention Sc résolution qu’il avoitde tuer le Roi, ledit Curé l’assura que cc scroit bien fait, Scgagtacroit une grande gloire en Paradis. Que cette parole le

Procès de

confirma Sc incita fort à continuer cn fa résolution ; Sc pour-ccqu’il n’étoit pas lettré, fc laissa ainí'ì persuader Sc séduirepar lefdits Ecclésiastiques Sc Docteurs cn Théologie ; Sc mé-mo qu’il demanda audit Curé, íi cc ne feroit pas mal fait detuer le Roi, maintenant qu’il alloit à la Me île , lequel l’aíTuraque non , parccqu’il croioit, ou avoit peur , que le Roi eûttoujours quelque mauvaise volonté à la Religion Catholique.

Enquis, après avoir laissé ledit Curé, où il alla, répond: queledit Curé lui dit qu’il falloit aller vers un Jésuite qu’il luinomma lors ( i ), pour l’avertir de cette volonté Sc résolutionqu’il avoit de tuer le Roi, Sc de fait l’y conduit ; mais nel’aïant trouvé , ledit Barrière seul y retourna le lendemain ,environ les huit heures du matin, Sc l’aiant trouvé lui décou-vrit la mauvaise volonté Sc intention, que ledit Jésuite loua,lui disant que c’étoit une belle chose, avec autres propos sem-blables, Sc l’cxhortant d’avoir bon courage , d’être constant,Sc qu’il fe falloit bien confcílèr Sc faire ícs Pâques ; Sc aprèsLavoir excité de continuer, Sc assuré qu’il gagneroit Paradis,ledit Jésuite lui bailla fa bénédiction , disant qu’il cút boncourage, qu’il priât bien Dieu, Sc Dieu l’asfistcroit cn sonentreprise ; & suivant ce , il s’alla confcílèr à l’instant à unautre Jésuite , que lui adressa celui auquel il avoit ainsi parlé;mais ne lui dit, ne confessa aucune claofc de fia mauvaise vo-lonté , puis fit fes Pâques.

Et fur les remontrances à lui faites, qu’il étoit bien mal con-seillé de recevoir le S. Sacrement, étant en une íi exécrablevolonté d’un íi malheureux Sc méchant acte ; ledit Barrièrelevant les mains au Ciel , reconnoît qu’à la vérité il étoit bienmalheureux , Sc l’eut été bien davantage s’il l’eût exécuté; di-sant qu’il étoit fort heureux d’avoir reconnu la vérité , Sc avoirdéchargé fa conscience (a) , pourcc qu’il connoît bien mainte-nant que s’il fut mort cn cette volonté Sc dénégation , il c utété damné , louant Dieu de l’en avoir détourné ; Sc que ceux

(i) C’étoit le Pcre Varade, Recteur du mener avec lu! le Curé Aubri & ce Jésuite.

Collège des Jésuites à Paris. Lorsque leLégat, Philippe Sega , Cardinal de PÍaìsan-3e , sortit de Paris après la réduct'on decette Ville à l’obéiísance de Henri IV , cePrince eut la bonté de lui permettre d’em-

(i) Ce fut le Dominicain Olivier Beren-ger , qui avoit suivi le paiti du Roi pendanttoute la guerre,’ qui fit comprendre a Bar-rière l’énormité de ion projet.

Iii ij