1593 *
Causes desMouv. deLyon.
44 a MEMOIRES
voie avancer sa grandeur , au mépris de ses Supérieurs Scau préjudice de ícs Voisins. De-là font venues les entreprisesqu’il a vainement tentées fur Bourg en Bresse, fur Bourdon, Scfur Maçon.
Par l’avis de ce même Conseil, il a fait raser le titre de Gou-verneur fur le front de fes Ordonnances Sc Commiíîìons : soitqu’il le trouvât peu Portable à fes actions , Sc aux qualités de Prin-ce , de Duc Sc Pair de France : soit qu’il penfit le convertir enun plus grand. Prend cette maxime de ne fe servir de la No-blesse du Pais , licentie les Capitaines Lyonnois , non pour au-tre raison , que pour être de Lyon , fait venir des Etrangers,qu’il enrichit des ruines des Sujets , afin que reconnoissant leurfortune dépendre de lui, ils demeuraient plus obligés à courirla sienne. Bafoue Sc bavarde outrageusement les Gentilshommesqui ne font à fes humeurs , pour les éloigner de lui ; car il n’y arien plus insupportable à un cœur généreux, qu’u ne trop âpreSc mordante gausterie.
Autant de Places qu’il prend , par un stratagème plus éprou-vé qu’approuvé , il en fait autant de Citadelles , pour nous.dompter. On ne volt autour de nous , que Fortercsics pleinesde voleries Sc d’impiétés. 11 nous cncerne dans un cercle de Cita-delles , lequel il commence par Toisici, Belle-ville , Tiíi, Char-lieu , S. Bonnet, Mont-brifon, Virieu , Coindrieu , Vienne,Pipet. Et ne lui défaillant pour le fermer , Sc nous enclorede toutes parts, par eau , Sc par terre, que Quirieu , il cuideéblouir parle lustre de cinquante mille écus , la foi Sc constancedu Sieur de S. Julien , pour lui remettre cette Place.
Le cercle de cette tyrannie étant achevé , il ne lui reste quede tirer à notre Ville , comme au centre de l’établiílemcnt de faSouveraineté : propose pour en venir à chef, de bâtir deux Ci-tadelles ; Sc dit n’cn avoir point, qui n’en a qu’une.
On ne lui parle jamais del’autorité de Monseigneur le Duc deMayenne , qu’il ne donne quelqu’évidente démonstration , oude jalousie , ou mépris. Il usurpe lc pouvoir d’instituer , oudestituer les Officiers, de pourvoir aux Etats, de nommer auxBénéfices, de publier des Loix nouvelles, au préjudice des an-ciennes. II rompt les treves faites fous le bon plaisir de fes Su-périeurs. Il donne grâces pour nourrir l’impunité des forfaits.II fe mocque des Arrêts des Cours Souveraines. Il permet non-ícuîemenc Je cours de fa fauílè monnoie , mais encore la faitbattre. II donne la succession des Naturels François, comme par