DE LA LIGUE.
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Avertissement.
^Íoas ajoutons aux Discours précédens , du fait des Lyonnois, cer-taines Stances composées par frelon (i) , aíTèz renommé entre ceux quiaujourd'hui se mêlent de faire des Vers François, frelon étoit Serviteur duDuc de Nemours Quelques jours devant que les Lyonnois l’euíTent em-poigné au collet, ce Serviteur considérant que l’ambition alloit faire pren-pre un saule périlleux à son Maître , il lui dressa & laissa cet avertissement,lequel nous n’avons oublié , pourcequ’il contient plusieurs beaux traits,représentans au vif ce pauvre Prince, & plusieurs autres Grands Sc Petitsqui l’ont précédé , qúi font venus & viendront après lui.
STANCES
CONTRE L'AMBITION,
A dressée s par le Sieur de Trelon au Duc de Nemours son Maître ,peu de jours avant Vemprisonnement dudit Seigneur Duc ( i).
A
PREMIEREMENT,
.Voir d’Ambition toujours l’ame remplie,C’eíl se plaire à nourrir une extrême folie,
(l) Claude de Trellon. C’étoit un Mili-taire qui avoir porté les armes dès fa jeu-nesse II paroît qu’il commença à servir fousM- de la Valette dans le Piémont, en Lan-guedoc j & dans la Guyenne : il servit pa-reillement fous MM. de Nemours, de Gui-se & de Joyeuse, & il étoit attaché au der-
Tu augmentes mes Vers, tu gâte mon Ouvrage,Tu te fers de mon nom pour me faire un outrage :Méchint, il n’en etf rien , & tu en as menti ;
J’éciis les pallions fans blâmer les personnes ,
Et ne leur donne pas les noms que tu leur donnes ;Car je fus bien Ligueur , mais non pas Repenti,
nier , lorsque ce Seigneut fut tué après labataille de Contras , par ceux qui l'avoientfait prisonnier. On fait encore que Trellonavoit servi le Parti de la Ligue , puisqu-endésavouant le Ligueur repenti , qu’on avoitimprimé sous son nom , il dit ?
C JTrellon a saille un grand nombre de Poé-sies , fur lesquelles on peut consulter laBiblìoth. Franç. ou Hifl. de la LittératureFrançoise , Scc. toni. 13 , p. 575- , & fuiv.
(1) Le Duc de Nemours fut arrêté à Lyonen 1593, & fut mis à Pierre-Encise. Ce futl’Archevêque Pierre d'Efpinac qui l’y fit
conduite tui-même , avec une garde deSuisses, & des habitans de la Ville, aprèsen avoir tiré Charles de Coligni d’Andelot ,que le Duc de Nemours y avoit fait enfer-mer fur des soupçons. Voïez l’HistoiredeM. de Thou , Livre 107 , année iy-z.