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Tome cinquième.
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Stances con-tre l’Ambi-IlON.

4;6 MEMOIRES

Le sage n’a jamais le cœur ambitieux.

L’ambition du monde est l’Enfer de nos âmes ;

Ceux qui veulent un jour voir les clartés des CieuxNe font jamais atteints de l’ardeur de ses fiâmes.

I I.

Du trop d’ambition s’cngcndre l’injusticc,

L’injustice produit cent fortes de supplices,

La cruauté du tout est déplaisante à Dieu .

Avec mille malheurs, toujours elle chemine ;

Bref, son commencement, salin , Lc son milieuNe tend qu à notre perte, &C qu’à notre ruine.

III.

Et, maudis que tu es, tu la chéris encore,

Tu nourris un serpent, qui enfin te dévore,

Et te vas conduisant dans l’abyme des Morts.

Etouffe cet amour, amortis cette fia me ,

Et ne fois fi sujet aux plaisirs de ton corps ,

Que tu fois le motif du malheur de ton ame.

IV.

Quoi ! tu te vas baignant dans la mer des délices,

Tu te fais, comme aux Dieux, faire des sacrifices,

Tu vas tyrannisant, tu vis insolemment.

Dieu , juste puniíleur des offenses du monde ,

Envolera les méchans en la folle profonde ;

N’appréhendes-tu point son éternel tourment?

V.

Toi Prince, toi Prélat, toi Roi, de qui l’exempleDoit être vertueux , afin qu’on te contemple,

Tu es le beau premier qui nous montre le mal,

Tu fais tout fans raison , tu chastes la Justice,

Tu veux que le petit soit au plus grand égal,

Et n’as point de vertu plus grande que le vice.

VI.

Si tu as à conduire une importante affaire,

Tu choisiras plutôt un jeune téméraireQu’un vieil qui fera sage ôc sans présomption.

Ainsi