DE LA LIGUE.
Les deíïeins que l’on voie fonder deílùs du veatRapportent du mépris plutôt que de la gloire,
XVII.
Penser toujours couvrir de Soldats la campagne ,Penser avec les pieds abbattre une montagne ,
C’est bâtir des Palais 6c des Châteaux en l’air ;
On ne peut fans moïens faire une longue guerre,
Une telle entreprise est semblable à l’éclairQui n’amene avec foi ni pluie ni tonnerre.
XVIII,
Quand tu auras acquis un homme de mérite ,
Ne lui témoigne point une amitié petite ,
Fais lui mille faveurs devant tout recevoir.
On peut, d’un bel Esprit toutes choses apprendre.
11 Rapprendra le bien , si tu veux savoir ,
Et te dira le mal, si tu le veux entendre.
XIX.
Mais toujours aux Vertus adresie ton envie,
Les vices nous font faire une mauvaise vie,
Et ne nous peuvent point acquérir de l’honneur.
Le mal court tout un temps , mais enfin on l’arrête :
Car, alors qu’il sc voit le Maître 6í le Seigneur,
C’est alors que le Ciel lui foudroie la tête.
XX.
Ain fi vis sagement, & recherche à toute heureL’alliance de ceux où la bonté demeure :
Entretiens-toi des bons, abhorre les méchans ,
Ne les fréquente point, méprise leurs semonces.
II est bien hasardeux de semer dans leurs champs,Parceque leur terroir ne produit que des ronces.
XXI.
Rends de î’honneur aux Vieux, ne fais rien de ta tête,L’homme en ses pallions est pire qu’une bête;
N’entre point en dispute avecque tes amis ;
Ne t’oíFenfe jamais, quoiqu’ils te puiílcnt faire,
M m m i j
Di-stances CCNÏRE l’Ambi.-,tion.
V.