IN-STANCES CON'ÏKh l'AmBI-TION.
470 M E M O IRES
Tu n’as rien de plus cher que la mondanité ,
Et fais ton Paradis des abus de ce monde.
XXXII.
Fais-toi chérir du Peuple , éc jamais ne le fouleSi fort, que de t’aimer à la fin il se saoule.
Qui est béni du Peuple , il est béni de Dieu :
Aux deux extrémités su r-1 ou t ne te retire ,
Ne lui tends trop la bride, 6e trop ne la lui tire ,Maintiens-toi avec lui en suivant le milieu.
XXXIII.
Favorise les tiens, bien qit’ils ont quelque vice,
Et ne regarde point combien vaut leur service,
Prends garde feulement à leur affection.
S’ils te font bien acquis, que veux-tu d'avantage ?
On ne peut du Mortel avoir que le courage ;
Bien aimer en Amour c’eíl la perfection.
XXXIV.
Dieu se contente bien, quand le cœur on lui donne »Et toi, qui n’es linon qu'une simple personne,
Tu veux avoir de plus , 6c la vie 6c le bien ,
Pauvre fol que tu es , laide notre franchise.
Alors que nous voudrons, nous ne te lerons rien ,
Et puis jugepar-là quelle est ton entreprise.
XXXV.
Plus tu es élevé , plus tu dois prendre gardeQu’en tout ce que tu fais un chacun te regarde.
Les Rois de maudissons ne font jamais exempts,
Leur rang ne les sauroit sauver des calomnies ,
Ils y font tous sujets ; car les fautes des GrandsSont toujours les Discours des bonnes Compagnies.
XXXVI.
Fais bien , tu sentiras qu’est ce que de bien faire;Fais mal, tu serviras de fable au Populaire ,
Et puis de tes péchés tu feras tourmenté.jLa vertu du péché } c’est de gêner les Ames,