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SatïriÉE.
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croire qu’il s’cn est fait autrefois de pires que moi. Les Ly-diens, je nc fais quelles gens ce font, en firent un qui menoit 3AI
la charrue; les Flamands firent un Duc, qui étoitBrasseur de uímwFi erre ; les Normands, un Cuisinier ; les Parisiens, un Ecor-cheur. Je fuis plus que tous ceux-là; car mon grand Pere étoitMaréchal en France ou de France, 8c s’il a gagné Enfer, jegagnerai Paradis par escalade. Voilà Monsieur de Saint Paul,maintenant Comte de Réthelois , Maréchal de l’Union , 8cArchevêque de Reims, qui a bien eu son pere, n’agueres de-meurant en une cahute , couverte de chaume, près de Nan-gi ( 1 ), Lc qui a encore fes sœurs mariées, l’une avec un Taver-nier, 8c l’autre avec un Tistèrant. Néanmoins le voilà Pair 8cMaréchal de France, Sc qui prête argent fur bons gages à M.de Guise son Maître 8c bienfaiteur (2). A ce compte vouspouvez bien me faire Roi, 8c ferez bien ; car je vous laiíïèraifaire tout ce que vous voudrez. J’abolirai toutes ces mangeriesde justice; je supprimerai tous les Sergens, Procureurs, Chi-caneurs , Commissaires 8c Conseillers, excepté ceux qui fontde nos amis ; mais il ne se parlera plus d’ajournemens ni desaisie, ni de païer ses dettes ; vous ferez tous comme rats enpaille, Sc me suffira que m’appelliez Sire. Vous y adviserez,pour le moins je fais bien que j'en vaux bien un autre, Sc vousen dirois davantage, sinon que je fuis preste d’aller exécuter monentreprise sur Noyon, après que j’aurai combattu le Gouver-neur de cette Ville ; Sc fur ce, bacio las manos de vojlramerced.
Après que le Sieur de Rieux eut fini fa concion militaire,chacun des affistans montra au visage, qu’on avoit pris plaisirà son éloquence naturelle , pour un homme qui n’avoit pointde Lettres, 8c qui pourroit faire un grand fruit, s’il la faisoitlongue en ce monde. Là-destus se leva un des Députés, nom-mé le Sieur d’Angoulevent (3), qui fit entendre tout haut ,qu’il avoit charge de la Noblesse nouvelle, 8c de la part deshonnêtes hommes, 8c Maîtres de l’Union, de remontrer quel-que chose d’importance touchant leur qualité , 8c qu’il étoit
Ul Le Pere de M. de Saint Paul avoit bonne maison,fait le métier de Chasseur, Sc depuis il (;) C'étoit un badin, courant les tues,avoit été Maître d’Hôtcl dans la Maison de qui se qualifioit le Prince des Sots. La Ha-Beauvais-Nangis ; & le Comte y avoit été tangue de ce badin avoit été faite par Ni-siourri Page par faveur. colas Rapin , pour être insérée en cet en-
(i) Le Duc de Guise qui fut tué à Blois , droit; mais pour rendre la chose plus vrai',lui avoir fait épouser une veuve riche, Sc de semblable , il fut avisé de la supprimer.
Tome V. Z z z