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Tome cinquième.
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Satyre

Mhnu’pée.

5 8 S MEMOIRES

Etats Généraux y eut été pourvu. Tellement, qu\il est tempsqu’en íoïcz démis 8c dépossédé , 8c qu’avisions à prendre un au-tre gouvernement 8c un autre Gouverneur. C’est assez vécu en.anarchie 8c désordre. Voulez-vous que pour votre plaisir,8c pour aggrandir vous 8c les vôtres, contre droit 8c raison,nous demeurions à jamais misérables? voulcz-vous achever deperdre ce peu qui reste? jusqu’à quand serez-vous substanté denotre sang , 8c de nos entrailles ? quand serez-vous saoul denous manger , 8c de nous voir entretuer , pour vous faire vivreà votre aise ? ne songez-vous point qu’avez à faire aux Fran-çois , c'est-à-dire à une Nation belliqueuse , qui est quelque-fois facile à séduire; mais qui bientôt retourne à son devoir,8c sur-tout aime ses Rois naturels, 8c ne s’en peut passer ? Vousferez tout étonné, que vous vous trouverez abandonné dérou-tes les bonnes Villes qui feront leur appointement fans vous.;vous verrez tantôt l’un , tantôt l’autre , de ceux que pensez vosplus familiers, qui traiteront fans vous, 8c se retireront au portde sauveté, pareequ’ils vous ont connu mauvais pilote, quin’avez su gouverner le navire, dont aviez pris la charge, 8cl’avez échoué bien loin du port. Avez-vous donc tant enhorreur le nom de paix, que n’y veuilliez point du tout en-tendre ? ceux qui peuvent vaincre , encore la dcmandenr-ils.Qu’ont donc servi tant de voiages , d’allées 8c de venues qu’a-vez fait faire à Monsieur de Villeroy , 8c à d’autres , fous ceprétexte de parler d’accord , 8c d’acheminer les choses à quel-que tranquillité? Vous êtes donc un pipeur 8c abuscur, quitrompez vos amis 8c vos ennemis ; 8c contre le naturel de votreNation, vous n’usez plus que d’artificc 8c de ruses , pour noustenir toujours fous vos pattes à votre merci. Vous n’avez jamaisvoulu faire traiter des affaires publiques par personnes publiques;mais à catimini, par petites gens façonnés de votre main , 8c dé-pendans de vous,à qui vous disiez le mot en l’orcillc , tout résolude ne rien faire de ce qui seroit accordé. Par ce m bien vous avezperdu la créance 8c bienveillance du Peuple, qui étoit le principalappui de votre authorité ; 8c avez fait calomnier les procéduresd’aucuns notables personnages qu’avez emploies par forme d’ac-quis , 8c pour octroier quelque chose à ceux qui vous en sup-plioient. Vous avez eu crainte d’ofFenser les Etrangers qui vousassistent, lesquels toutesfois vous en savent peu de gré. Car sivous saviez les langages qu’ils tiennent de vous, 8c en quelstermes le Roi d’Espagne écrit de vos façons de faire , je ne