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Tome cinquième.
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Satyre

MÉNlRm.

600 MEMOIRES

cicnnc Loi de nature, que le fils fuccévle au pere , Sc les plu»proches parens en dégré de consangumité , à leurs plusproches de la même ligne Sc famille; Sc aïant un fi brave Scgénéreux Prince en ce dégré , fans controverse ni dispute, qu’ilne soit le vrai naturel Se légitime héritier, Se plus habile à suc-céder a la Couronne , il n’y a plus lieu d’élection , Se faut ac-cepter avec joie Se allégresse ce grand Roi que Dieu nous en-voie , qui n’a que faire de notre aide pour l’être , Se qui l’cstdéja fans nous, Se le fera encore malgré nous , si nous l’cn vou-lons empêcher. Au reste , il auroit beau être continent, sage,tempéré , morne, Se grave Se retiré, vous y trouveriez toujoursque redire. Quand on s’est mis une fois à haïr un homme, oninterprète en mauvais sens fout ce qu’il fait, Se le bien mêmequ’il fait. II auroit beau s’abstenir de tous plaisirs, Se ne faireque prier Dieu , Se donner l’aumône, vous diriez que ce feroitfeinte Se hypocrisie. S’il est permis de juger ainsi des actionsd autrui , contre la défense expresse que Dieu en faite, pour-quoi ne me fera-t’il permis de croire que tous ces Marranes ,qui font tant de signes de Croix, Se fe frappent la poitrine avectant d’éclat à la Mcíle , font néanmoins Juifs Se Mahométans,quelque bonne mine qu’ÍIs fastent? Pourquoi ne dirai-je queMonsieur de Lion est Luthérien, comme il a été autrefois , en-core qu’il faste la prunelle toute blanche en la tournant auxvoûtes de l’Eglife , quand il adore ou feint d’adorcr le Cruci-fix ? Mais ce n’est pas d’à cette heure qu’011 parle ainsi desRois ; Sc y a un vieil proverbe qui dit que Jupiter même quandil pleut, ne plaît pas à tous les Mortels. Les uns veulent de lapluie pour leurs choux, Sc les autres la craignent pour leursmoissons.

Or , ce que j'ai différé à dire , qui me semble lui manquer,Sc ce dequoi vous Sc moi lui sommes plus tenus; c’est qu’il noustraite trop doucement, Sc nous choie trop. La clémence , enlaquelle il est superlatif Sc excessif, est une vertu fort louable,Sc qui porte enfin de grands fruits Sc de longue durée, encorequ’ils font longs Sc tardifs à venir. Mais il n’appartient qu’auxvictorieux d’en user , Sc à ceux qui n’ont plus personne qui leurrésiste. Aucuns l’attribuent à couardise Sc timidité , plutôt qu’àvaillance Sc générosité. Car il semble que ceux qui épargnentleurs ennemis, désirent qu’on leur en fasse autant, Sc deman-dent revanche de leur gracieuseté, ou craignent que s’ils fcmontrent féveres, ils ne puistent avoir raison de leurs autres

ennemis