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Tome cinquième.
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DE LA LIGUE.

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ôter leurs biens, pour leur faire peur Sc les faire retirer deleurs vices. Je demanderois volontiers, quand on auroit ôtéle Roïaume & la Couronne à un Roi , pour être excommuniéou hérétique , encore faudroit-il en élire, Sc en mettre un au-tre en fa place; car il ne feroit pas raisonnable que Je Peupledemeurât fans Roi, comme vous autres Meilleurs y voulez di-gnement pourvoir. Mais s’il advenoit par après que ce Roi,excommunié Sc destitué de ses Etats, revînt à résipiscence , Scobtînt son absolution du même Pape, ou d'un autre subsé-quent, (comme ils font aílèz coutumiers de révoquer Sc dé-faire ce que leur Prédécesseur a fait, ) comment est ce que cepauvre Roi dépouillé rentreroit en son Roïaume ì Ceux qui enscroicnt saisis, Sc triennaux posteílèurs à juste titre, s’en vou-droient-ils démettre, Sc lui quitter les Places fortes ,& les tré-sors , Sc les armées ? Ce font contes de vieilles. II n’y a ni rai-son , ni apparence de raison en tout cela.

II y a longtemps que l’axiome est arrêté , que les Papes n'ontaucun pouvoir de juger des Roïaumcs temporels. Et y a long-temps que Saint Bernard a dit, Stetifje quidem judicandos Apoftolos le go : Jcdijje j udicantes numquam le go ? Les Apôtres oncsouvent comparu tout debout devant les Juges pour être jugés;mais jamais ne se sont sis en chaire pour juger. Auísi savons-nous bien que beaucoup d’Empereurs Arriens , venansàl’Em-ptire par succession , ou par adoption , n’ont pas été rejettes nirepoussés de leurs Peuples Sc Sujets orthodoxes ; ains ont étéreçus Sc admis en PAuthorité Impériale, fans tumulte ni sédi-tion. Et les Chrétiens ont toujours eu cette maxime , commeune marque perpétuelle de leur Religion , d’obéir aux Rois ScEmpereurs , tels qu’il plaisoit à Dieu leur donner , fustent-ilsArriens ou Païens; se formans à I’exemple de Jésus-Christ ,qui voulut obéir aux Loix de PEmpereur Tibère, imitant saintPaul Sc saint Pierre qui obéirent à Néron , Sc par exprès ontcommandé en leurs Epîtres d'obéir aux Rois Sc Princes; par-ccque toute Puiílance souveraine est de Dieu , Sc représenteJ’Imagc de Dieu. C'est bien loin de nos mutins, qui les chas-sent Sc les massacrent ; Sc de vous, Monsieur le Légat, qui vou-lez en faire perdre la race. Vraiementíì nous n’avions plus dixsang de cette noble Famille Roïale , ou que nous fussions en unRoïaume d’élection , comme en Pologne ou en Hongrie , jene dis pas qu’il n'y fallût entendre ; mais aïant de temps im-mémorial cette louable Loi, qui est la premicreScla plus am-

M93.

Satïs

MíNirrïî.