DE LA LIGUE. Sij
de regagner son P aïs de beurre. Encore , difoit-il, y aïantrepris ses esprits, que le monde n’étoit pas digne de le voir.De fait, a tin que le Peuple ne fe saoulât de lui, le votant tousles jours , il ne fe présentoir que par intervalles, Le ès bonnesfêtes , fe contrcgardant ni plus ni moins qu’on faisoit à Athè-nes , la galère Salaminicnne : ou comme Dejocès , Roi deMcde , duquel Hérodote raconte qu’il ne permettoit qu’on leregardât, de peur que les siens le votant pareil à eux, ne luifi Ile n t quelque frai que.
Etant guéri de fa peur Sc de queîqu’autrc fâcheux inconvé-nient qui l’avoient tout meshaigné , il se remit sur les desseinsd’une nouvelle conquête : c’étoit la conquête du Roïaumed’Yvctot , laquelle avoir auífi ses tableaux , comme la précé-dente. Au premier, fe voioit son arrivée , où en avançant ilreculoit, monté sur un Détrier bay, dont le harnois étoitparsemé d’ancres à triples crochets , marques de ses hautesespérances.
Au second , se remarquoit comme il fut poulie Sc aculé dansun bois avec les liens, par les Capitaines Tire-avant & Taille-tout 3 qui mirent en repos partie de ses gens , ou du moinsles c n votèrent ès environs de Purgatoire ; Sc lui-même y futallé lors , fans le manteau de la nuit, qui lui survint à pro-pos. Elle y étoit naïvement représentée , avec les fuïards enpetit volume Sc dextrement racourcis , autour de leur Con-quéreur - qui les consoloit en pleurant , Sc leur montrantque sans y penser, il avoit eu auílì sa part du gâteau, qui luicuisoit.
Cependant on le voïoit environner de tout còtçs au troisiè-me tableau , Sc la famine se promenant par son camp , où elleempoignoit au ventre ses Soldats, Sc à leurs oreilles cornoitmalavanture. Eux laiíTans pour lors les discours de l’honneur,des conquêtes du nouveau monde , Sc les rodomontades Cas-tillanes , s’entreheurtoient à qui auroit le lopin. Leurtruanderieétoit représentée au vif, & voïoit des nouveaux Acridophagesmangeans d’appétit ouvert les sauterelles Sc hannetons. L’eau s’yvendoit à poids d’or ; plusieurs ne pouvant en approcher, lou-voient leur urine ; d’autres tiroient la langue comme corbillats,Sc les mouches s’attachoient dessus. L’eau du bourbier s’y ven-doit pour malvoisie, encore n’étoit-ce que pour les Capitaines,qui ne daignoient cligner les yeux , ni user du gobelet Laconi-
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Satyre
MÉNIÍPïE.