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Rimes deJfcA LlOUI.
628 MEMOIRES
Par lc dehors, & qu’au dedansOn nous fait allonger les dentsPar la faim , qui fera suivieD’une autre fin de notre vie ,
Je vous dis , que je n'ai point euDouleur qui m’ait tant abattu ,
Et qui m’ait semblé plus amereQue pour votre âne ( ma commere )Votre âne , hélas 1 ô quel ennui !
Je meurs quand je repense à lui ;Votre âne , qui par avantureFur un chef-d’œuvre dénaturé,
Plus que l’âne Apulcien.
Mais quoi ? la mort n’épargne rien ;
II n’y a chose si parfaite
Qui ne soit par elle défaite ;
Auífi son destin n’étoit pas,
Qu’il dût vivre exempt du trépas :
II est mort, Sc la Parque noireA l’cau de Styx l’a mené boire ;Styx des morts durable séjour,
Qu’il n’est plus pasiable au retour.
Je perds le sens Sí le courage ,Quand je repense à ce dommage,
Et toujours depuis en secretMon cœur en gémit de regret :Toujours en quelque part que j'aille.En l’efprit me revient la taille,
Le maintien, Sc le poil poliDe cet animal tant joli.
J’ai toujours en la souvenanceSa façon Sc fa contenance ;
Car il fembloit, le regardant,
Un vrai mulet de Président:Lorsque d’une gravité douce,Couvert de fa petite h ouste,
Qui jufqu’au bas lui dévaloit,
A Poulangis il s’en alloitParmi les sablons Sc les fanges,Portant fa maîtreste à vendanges,Sans jamais broncher d’un seul pas ;
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