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Tome cinquième.
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D E L A L I G U E. 6 37

hues, aufquelles, à mon avis, l’Auteur n’a jamais pensé. Je fais 1593.bien qu’il y en a qui se veulent jouer fur l’affinité des paroles, „

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ies uns pour le donner carrière, Sc les autres pour tirer l Au -tables nt la

teur en envie; mais il y a bien loin de huit à dix-huit, Sc grande Sat -•différence entre aspirer Sc siffler. J’ai cent sois oui dire à l'Au-teur , & je le fais auffi bien que lui, que Huguiero dinjierno ,ne lignifie autre chose en Langue Castillane qu’un figuier dEn-fer. Car les Espagnols, comme les Gascons, tournent f en h,harer , harina , ìuio , ho go , higo , faire , farine , fils , feu, figue.

Ce qu’il dit donc que la drogue du Charlatan Espagnol s’ap-pelloit Higuiero dInfierno , est pour plusieurs raisons. Prcmie-rement que le figuier est un arbre malheureux Sc infâme , du-quel les feuilles, (selon qu’aucuns estiment) servirent jadis àcouvrir les parties vergogneuses de nos premiers p are n s, aprèsqu’ils eurent péché, Sc commis crime de Leze-Majesté contreleur Dieu , leur Pere Sc Créateur , tout ainsi que les Ligueurs,pour couvrir .leur désobéissance Sc ingratitude contre leur RoiSc Bienfaiteur , ont pris la Religion Catholique, ApostoliqueSc Romaine, dont ils pensent cacher leur honte & péché. C’est

{ Pourquoi le Catholicon d’Espagtie , c'est-à-dire le prétexte quee Roi d’Espagne Sc les Jésuites , Sc autres Prêcheurs , gagnésdes doublons d’Espagne , ont donné aux Ligueurs séditieux Scambitieux, de se rebeller Sc révolter contre leur Roi naturel Sclégitime , Sc faire la guerre plus que civile en leur p aïs, se peutsort proprement appeller figuier d’En fer ; au lieu que celui dontAdam Sc Eve couvrirent leur manifeste vergogne , émit le fi-guier de Paradis. Et depuis ce temps-là, cet arbre a toujoursété maudit Sc diffamé entre les hommes , ne portant ni sieur ,ni embellistèmcns quelconques; Sc le fruit rnerne en a été rap-porté à nommer la plus déshonnête partie de la femme, Sc laplus saie maladie qui naisse aux endroits qu’on ne peut nom-mer. Vous n’ignorez pas auffi que les anciens tenoient cet ar-bre entre les gibets ; comme quand Timon Athénien (1) vou-lut en arracher un qui lui faifoit nuisance en son jardin , au-quel plusieurs s’étoient déja pendus, il fit crier au Trompetteque si quelqu’un se vouloir pendre, il se dépêchât d’y venir,parcequ’il le vouloir faire arracher. Pline nous apprend, que

Voïez les premieres notes faites dans cette tion de Ratifbonne , 1714.

édition fur la Satyre Ménippée , & le Dif- (1) Voïez l’Histoire de Timon le Mi£ân-cours fur ce sujet , qu’on a imprimé , p. loy trope , par M. l’Abbé du Refnel, dans lesfc fuiv, de la Satyre Ménippée, t. i , édi- Mémoires de l’Academie des Belles Lettrss.