1593 *
Obslrvat.notablessur la Saty-re MÉNirrÉEi
MEMOIRES
faux titre Légat, qui étoit logé avec le Prince de Parme, Scfut apperçu par Rofne, qui le jour même en avertit le Duc deMayenne , lequel en fut fort irrité , Sc en porta mauvais visa-ge audit Boucher, le menaçant de lui crever l’autre œil s’il lefâchoit, tant il craignoit que l'on communiquât avec le Ducde Parme. II y avoir pareille jaloulìe en ce Duc de MayenneSc son conseil, contre les Seize , pour le fait de PEfpagnol ,que celle que le défunt Roi Henri avoir contre ceux de Guise,qui s’aidoient de la faveur de l’Efpagnol, qui étoit l’une desprincipales Sc justes causes de la haine qu’il leur portoit, quecelle qu’a le Duc de Mayenne contre les Seize , Sc conséquem-ment leur ruine. Parceque le Duc aïant cette jalousie en tête,perdra plutôt la vie , abandonnera le parti, Sc fe joindra auxRoïaux, plutôt que de souffrir aucune communication , ni in-telligence entre le Peuple Sc PEfpagnol, d u quel il fe veut ai-der pour son profit particulier , Sc non pour le bien général ;Sc cette jalousie sera la ruine de la Ligue , par ce que l’on en aconnu , tant par la bouche d’aucuns des Principaux, étant leurvolonté de gouverner Sc commander absolument , Sc s'aiderde PEfpagnol à leur fantaisie, fans fe soucier des SorbonnistcsSc Prêcheurs, ni des Seize, ni autres du Peuple Ligueur; té-moin la journée du 4 de Décembre mil cinq cent nonante-un ( 1 ),qui fut exécutée fur ce seul sujet de communiquer avec l’Espa-gnol, auquel les Seize avoient écrit pour avoir un Roi, sans
f iarler du Duc de Mayenne, qui entra en si grande furie, jointa provocation de la Dame de Montpensier Sc du Gouverneur,qu’oubliant toute justice , toute promesse , Sc tout honneur Screspect, il se vengea fur une partie des Seize, sous un prétextequ’il emprunta, encore que la vérité est, que la vraie occasionétoit la Lettre que les Seize avoient écrite au Roi d’Efpagne ,comme à leur Roi, signée de quelques Docteurs de Sorbonne,comme a été dit ci-dessus ; ainsi que la Dame de Montpensierle fut bien dire le lendemain de Pexécution , le jour de laquel-le l'on faisoit courir un bruit contre les Seize, qu’ils avoientvoulu attenter à la personne du Duc de Mayenne. Le secondjour , que c'étoit, pareequ’ils étoient Espagnols , Sc à cette finla Dame de Montpensier représenta une copie de Lettre , en-volée par les Seize au Roi d’Espagne , qu’elle montra à toutespersonnes , pour les animer contre les Seize, Sc en dépit des
(1) Jour auquel les Quatre de la faction des Seize furent pendus, ainsi qu’ils l’avoieatbien mérité.