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Tome cinquième.
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DE LA LIGUE. 659

Espagnols. Et le troisième jour on fit courir le bruit que c’étoità cause de la mort d u Président Brisson, Se de ses deux com-pagnons , desorte qu’cn trois jours l'on sit courir trois diverspaquets contre les Seize ; mais le second étoit le plus véritable.Comme mêmement le Duc de Mayenne ne put se tenir qu’ilne le dît à l’Ambassadeur d’Espagne , lui disant que l’on vou-loit porter la Couronne de France à son Maître par les mem-bres , mais qu’il lui falloit porter par les Chefs. Joint que parplusieurs fois le Duc de Mayenne a dit que les Seize lui avoientgâté ses affaires, mais qu’il s’en vengeroit, 6c l’a écrit à tousìes Gouverneurs de la Ligue, pour leur faire trouver bonnel’exécution qu’il avoit fait faire contre les Seize, les appellantpar fes Lettres gens turbulens Sc violons , auxquels il ne se fie—roit plus , Sc qu’il íe remettoit du tout à la volonté Sc bon con-seil du Parlement de Paris.

On peut voir de ce que dessus, combien ont été justes les cau-ses pour lesquelles l'Auteur a découvert les confusions de la Li-gue en fa Satyre, à laquelle on apprête un Commentaire, si lesLigueurs continuent en leurs fureurs , afin que leurs méchan-cetés 8c les trahisons qu’ils ont bradées les uns aux autres soientdécouvertes de plus en plus. Au reste , quelques-uns ont rap-porté qu’on avoit trouvé mauvais que l’Àuteur eût mis en faSatyre les noms propres d’aucuns séditieux Se principaux Au-teurs de tout le malheur de la France ; mais je lui ai oui direqu’il étoit d’un pais , où l’on appelloit le pain, pain , Sc les fi-gues , figues. Ceux qui avoient livré pour de l’argent leur pro-pre Ville au Roi Philippe de Macedoine , se plaignoient bienque fes Soldats, après la reddition ,les appelloient traîtres, Scleur reprochoient leur trahison. Je ne saurois, dit le Roi, quevous y taire ; mes Soldats font grosiiers Sc lourdeaux, qui ap-pellent les choses par leur nom. Ceux, qui après avoir fait ré-volter les Villes contre le Roi , Sc fait la guerre tant qu’ils ontpu tenir , exercé toutes fortes de tyrannies fur le pauvre Peu-ple , Sc ruiné tous leurs voisins, Sc qui se voïant ne pouvoirplus subsister, Sc n’y avoir plus rien que prendre , ont venduchcrement les Places au Roi , Sc livré les pauvres habitans à famerci, font bien marris si on les appelle traîtres. Mais si sera-t-il mal aisé qu’il n’en échappe quelque mot aux Parisiens,mêmement contre ceux qui ont pris de l’argent, Sc qui ontmarchandé Sc barguigné , pour parvenir à un certain prix : j’enveux avoir tant. Car encore, qu’ils aient fait ce qu’ils doivent,

O o o o ij

1593-

Observat.

NOTABLESSUR LA SATYRE MÉNIPPÉE