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Ob'ervat.
NOTABLESSUR LA SATY-LE MÉNIPPÍE.
66 r MEMOIRES
car il ne les empêchoit point de crier , sinon qu’il ne vouloispas ouir leurs cris comme d'hommes , de peur d’en avoir pitié,ains comme hurlemens de bœufs & de taureaux, pour dé<miserle son de la voix humaine. II est: malaisé que ceux que î’on apillés, volés , emprisonnés en la Bastille, rançonnés & chastesde leur Ville & de leurs charges, ne jettent quelque malédic-tion fur ceux qui en font cause , quand à leur retour ils trouventleurs maisons vagues, désertes, où il n’y a plus que les murail-les ; au lieu qu’ils les avoient laissées richement meublées Sc ac-commodées de toutes choses. Qui pourra jamais étouper labouche à la postérité , & l’empêcher de parler du tiers Parti, &Cde ceux qui l’ont enfanté tk allaité, & qui le tiennent encorerenfermé en chambre, le nourrissent ôc substantent de bonnesviandes, pour le mettre un jour en lumière, Sc le faire voirtout formé , Sc tout grand , quand ils en verront le temps Sc lacommodité ? Jamais ne fut Sc ne fera, quelques Loix Sc Ordon-nances qu’on y puisle faire , que la censure ne soit mieux reçueque la louange ; mêmement quand elle est tirée de la vérité , ÔCqu’il n’y ait cent fois plus de plaisir à piquer un poltron , qu’àlouer un homme de bien. C’cst la punition que les médians nepeuvent éviter ;& s’ils ont tous leurs plaisirs d’ailleurs, pour lemoins faut-il qu’ils aient ce déplaisir , & ce ver fur le cœur,de savoir que le Peuple les déchire, Sc les maudit secrète-ment , Sc que les Ecrivains ne les épargneront pas après leurmort.