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Tome cinquième.
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Rìponseaux Catho-

1ÍQUES.

MEMOIRES

voisins presque tous y ont été devant nous, 6c spécialement lesAllemands. Ils avoient un Empereur, Charles cinquième , sage6c puissant, qui entreprit de ruiner cette Religion en Allema-gne , lorsqu’elle n’étoit encore à rez de chaussée. Il y emploïa['Allemagne, l’ítalie, l’Elpagne;il gagna batailles; il eut lesChefs prisonniers en ses mains ; il réduisît tout à tel point qu’ilvoulut, réservé une seule Ville de Magdebourg. Finalementceux mêmes qui l’avoient aidé à la ruiner, conjurèrent contrelui, tellement que ne voïant nulle finàson dcííein, ainsd’uneguerre naître l’autre, 6e du serpent le baíîlic , il aima mieux 6ctrouva plus fur de permettre la liberté à cette Religion , quede voir l’Empire empirer d’heure à heure, 6e prêt à tomber furfa tête en ruine. Depuis cette paix qu’il leur accorda , 6c entre-tint ( de laquelle le feu Roi Henri second fut en partie cau-se ) l’Allemagne est paisible 6e tranquille par-tout, 6e regardeà son aise la ruine de ses voisins , voire leur fournit de Maçonspour fe démolir ; au lieu que fans icclle paix , elle s’en alloit enruine.

Peu de temps après notre tour est venu comme des autres.'Et si nous considérons comme nous nous sommes gouvernés en-vers ces gens ici, plus ne nous reste que , ou de ruiner 6c périrtous ensemble, sans que l’un ait à fe moquer de son compa-gnon , ou de laistèr vivre les uns les autres en paix 6c liberté deconscience. Au commencement nous les avons brûlés tous vifs,à petit feu , fans distinction de sexe ni qualité. Tant s’en fautque nous les aïons consumés par-là, qu’ils ont éteint nos feuxde leur sang, 6c se sont nourris 6c multipliés au milieu des flam-mes. Depuis nous les avons noies ; 6c semble qu’ils aient fraiededans les eaux. Comme le nombre s’est accru, nous les avonscombattus 6c battus en diverses batailles , nous les avons dé-faits quelquefois à plate couture, si ne les avons nous jamais puabattre. Nous les avons enivrés de vin aux noces, nous leuravons coupé les têtes en dormant ; 6c à peu de jours de-là lesavons vu de nos yeux ressusciter auísi forts que paravant, 6c avectêtes plus dures 6c plus fortes que jamais. Reste donc, puisquebous ne les avons pu faire mourir , que nous les laiíîìons vivre ;puisque par force nous n’avons rien profité , que par amournous essaïons ; puisque la guerre n’a de rien servi, en laquelletoutesfois nous n’avons épargné, ni nos biens, ni nos vies,ni notre honneur même , que maintenant nous les laiíîìons aumilieu de nous en paix,

Et