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Tome cinquième.
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678 MEMOIRES

--- peuvent défendre, en Languedoc, en Guyenne, ou même en

Po-s^litï Dauphine , est suffisant tout seul pour avoir le bout de tout cepe^/exÉrci- qui reste de deniers, d’hommes & de moïens en toute la Fran-cs nE la R. ce. Car , n’abusons point le Roi de vaines offres, ou plutôt, nev ‘ Rl nous abusons point nous-mêmes en les lui faisant. Que nousreste-il, je vous nrie, à lui offrir, que nous n’aïons jà baillé?Que peut-il requérir de nous , qu’il n’ait déja obtenu en vain ?Nous offrirons nos bourses. Regardons si elles font mieux gar-nies que paravan:. Nous offrirons notre sang. Jugeons si nousen avons autant refait, que nous en avons répandu par ci-de-vant : s’il est accru quelque chose à nos poffeffions , s’il s’est rienajouté à nos forces ? Au contraire , nous n’avons maison qui nes'en fente, nerf qui n'en soit foulé, ôe nous reste toutesfoisplus long 8c plus cher chemin à palier que celui que nous avonsfait. II me souvient à ce propos d’une réponse de ce grand Ca-pitaine Romain , Paul Emile. Quand il eut à plate couturedéfait le Roi de Macedoine , comme il enclina à faire la paixavec lui, ses amis le trouvoient fort mauvais : disant, qu’il enpouvoir fort aisément avoir le bout par la guerre. II est aisé,leur dit-il lors, de ruiner un Prince, ou un Etat jusqu’à lamoitié , mais de cette moitié le ruiner juíqu’au bout, c’est choseplus longue 8c plus difficile que vous ne pensez. La raison enest toute claire. Celui qui se sent fort, donne une bataille, 8ccouche la moitié de son vaillant au hasard du dez. Mais quandil l'a perdue , il se retire sur l’autre moitié , s’il est sage , 8e laménage , & la défend pied à pied , il ne veut plus jouer si grosjeu ; 8e souvent le reste du vaincu suffit à ruiner le victorieux.Vous lui présenterez la bataille. 11 quitte la main , il se retire surìa défensive. II la vous fait perdre devant une V ille.

La réponse de Paul Emile étoit vraie dès lors, mais plusvraie est-ellc encore en notre endroit. Lors le Païs étoit pres-que plat, tellement qu’une bataille gagnée , gagnoit un Roïau-mc. Aujourd’hui, comme il est fortifié, on ne combat quequand on veut, Le se perd le plus souvent le gain d’une ba-taille devant une bicoque. En l’exemple de Paul Emile, cequi étoit ôté à l’Enncmi, étoit autant d’acquis au Romain. Ennos guerres civiles, ce que nous gagnons nous est autant de per-du ; ce que nous ruinons , nous ruine nous-mêmes. Paul Emile,de la moitié qu’il avoit gagnée, pouvoit faire guerre à I’autre.Nous, au contraire, jouons à bander Le à racler ; tous deuxperdent 8c nul ne gagne ; 8c notre pauvre Roi, à qui gagne il