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Tome cinquième.
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MEMOIRES

15 . 93 -

Avertissement.

Il y avoit une autre sorte de gens fort affectionnés à la Ligue , & néan-moins feignans être amis du repos public, qui publioient des bruits sourdsde l’impuiísance du Roi , disant que les indiens lui manquoient de se faireobéir, qu’il avoir trop d’ennemis, ou très puissans, ou même invincibles ,qui l’accableroient en peu de temps. Que fous le régné d’icelui, la Francene feroit que languir, & faudroit finalement qu’après avoir traîné les ailes »elle demeurât en proie à un plus grand Maître. Celui-là , selon leur comp-te , est le Roi d’Eípagne, duquel ils faisoient sonner haut la grandeur. Sesdoublons leur aïant ébloui la pensée , ils tâchoient ausfi de faire peur dunom d’icelui aux François mal assurés. Cet artifice donna occasion à un desServiteurs du Roi, de bâtir en cette année 1593 , le Discours suivant-,.touchant l’état du Roi d’Espagne , &c d’y ajouter au bout une autre Piece,Jaquelle convenant à ces Mémoires, nous présentons avec le Discours auLecteur.

TRAITE

D'aucuns Droits du Roi Philippe es Etats qu il tientà présent (1),

/est chose remarquée de toute antiquité , que Dieu a éta-bli certaine durée aux Monarchies, Etats, Maisons, coutumesLc vie des hommes; ceux toutcsfois d’entr’eux sont plus dura-bles , qui plus retiennent de la perfection de leur Créateur ;les uns créés pour servir de ministres de fa fureur , les autrespour l’exemple de fa bonté & grâce. Je dis ceci, pour s’être vuIles hommes &Ç Etats, que la main de Dieu a , de petits qu’ils

(1) Ce Traité est de François Pithou,Seigneur de Bierne , duquel il fera parléci-après. U fut imprimé d’abord à Lyon ,en Tj94,m-8°. Ce n’est autre chose qu'uneextension & une efpece de démonstration,de ce qu’il a avancé dans fa Lettre fur laprdféance , que l’on donne plus bas, » que« tousles Roïaumcs, Duchés , Marquisats ,-- Comtés, Terres & Seigneuries de la Mai-» son d’Autriche , à l’exception du Châteaude Hapíbourg, n’y font entrés que parw acquêts 8í conquérs & principalement

» par mariages avec des Filles de France ,v & par alliances avec des Seigneurs Fran--, çois ». Par la maniéré dont M. Pithoudéveloppe cette proposition , qui tenoit aune foule de faits , jufqu’alors enveloppésdans une profonde obscurité , il est aile dejuger qu’il poílédoit les détails de notreHistoire de la troisième Race , avec autantd’étendue, de justesse & de précision, queceux de l’Histoire des deux premieres Ra-ces. V. fa vie , par M. Grosley, Tome 11 .p. ì6s & 166. «

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