DE LA LIGUE. 74ç
Impériale, 8c pour faire ôter le Roïaume à Charles allié d u Roide France , 8c émouvoir la guerre au Roi de France du côté del’AlIemagne , aux frontières de son Roïaume. Qui est , ce queveut dire un Religieux dcl’Ordrede Saint François , en fa ha-rangue rapportée par Aventin , au huitième livre des Annalesde Bavière. Jufqu’à quand, mes compagnons très chers, Lee.N’a guercs , ils ont bandé les Sueves 6 c les Saxons cntr’eux ,Scc. Maintenant ils s’eíForccnt de nous inciter contre les Prin-ces de France 8c d'Espagne nos Cousins , jadis issus d’Allema-gnc. Souvenez-vous que ce que fit douze ans font passés ccbeau Dixieme avec ses dixmes , cc Quatrième le fera avec sesquarts. Grégoire très vigilant , pour les arracher de nous ,émut contre nous les armes des Scythes , des Arabes , 8c desT ures.
Le Roi de France (ajoute Villani) d’autre part ne dormoitpas, mais avec grande sollicitude, 8c par le conseil de SciarraColonne, & d’autres figes Italiens , 8e des Conseillers de son.Roïaume , envoïa Guillaume de Nogaret de Provence ( Walsin-.gham dit qu’il étoit Sénéchal du Roi de France ) avec MusciarodeFrancezi, en Toscane, garnis d’argent comptant, 8ec. Eccomme il avoir été avisé , il advint que le Pape Boniface , avecses Cardinaux 8c toute la Cour , se trouva en la Cité d’Anagniaen la Campagne , lieu de sa naissance , 8c en sa maison , ne sa-chant , ni entendant rien de ce Traité, 8c ne se donnant de gar-de , ou bien s’il en avoir eu quelque avertissement, il le mé-prisa , tant étoit-il hautain. Or ( comme il plût à Dieu , possi-ble pour ses grands pèches ) au mois de Septembre mil trois ,Sciarra Colonne, accompagné de trois cens hommes de chevalSc grand nombre de gens de pied, Soldats du Roi de France,entra dans Anagnia, un jour bien matin , avec les enseignes duRoi de France, disant 8c criant, meure le Pape Boniface, 8Cvive le Roi de France , & coururent la Ville sans aucune résis-tance: ains furent suivies les Enseignes 8c cette rébellion par lePeuple d’Anagnia. Arrivés au Palais du Pape , ils le prirent fansobstacle ; car cet aíïàut fut au dépourvu. Le Pape Boniface en-tendant le bruit, 8c se voïant abandonné de tous les Cardinaux,qui s’en étoient fuis de peur ( ou qui s’étoient misdu mauvais par-ti ) 8c presque de la plupart de ses familiers , 8c voïant que sesEnnemis avoient pris la Ville 8c son Palais , crut lors qu’il étoitmort ; mais comme homme de grand cœur 8c assuré dit, puis-que je suis pris par trahison » ainsi que Iélus-Christ , 8c qu’ilTome B b b b b
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