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Tome cinquième.
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D E L A L I G U E. 7 Si

Cette Fortification de Briqueras fut continuée avec une 1593.diligence incroïable, & telle, que la Place fut mise en dé- -fente tot âpres. Nul n etoit auíii exempt du travail, les Chefs suurDesdi-montroient l’cxcmple à porter les gafons , & l’Infantcric , a u Gl;itK£s *lieu d’autres vicieulcs occupations, y travailloitincestàmment,

& comme par émulation l’un de l’autre. Les Pionniers desVallées de Lucernc, d’Angrongne , Ours, Pragcla , & la Pe-roufe , y accoururent d’une allegreílé incroïable 3 tant ils aspi-rent après la liberté Françoise : cette Fortcreílè auífi les devoircouvrir pour l’avenir, Le lervir de boulevart & défense. Bref,dans moins de trois semaines , ou un mois , cette Place sucrevêtue de six ou sept Baisions, grands & forts, pour résisterà une grande Armée; Le on ne peut nier.que ce ne soit unegrande hardicíle , Le gloire audit Sieur Desdiguieres , qu’avecquatre ou cinq cens chevaux, Le trois mille hommes de pié,

François, il ait entrepris un lï grand ouvrage, à la vue d’unsi grand Prince qu’est le Duc de Savoie , assisté d’un si grandMonarque que le Roi d’Efpagnc, son beau-pere, Le ce dansle cœur de son Païs. Voilà à quoi on emploïa le temps , de-puis le vingt-sixième Septembre, qu’on commença d’entrer,jufqu’environ le dixième de Novembre : pendant le temps deladite Fortification , la Cavalerie Françoise alla souvent à laguerre bien avant dans le Païs; mais ce fut fans obstacle, &clans trouver à qui parler.

Le Duc cependant faisoitson gros à Saluées, aïant appelíéses forces de toutes parts: le Milanois arma soudain; une par-tie des Troupes de Provence repassa le Col de Tende pourle joindre, comme firent aussi toutes les forces qu’il avoit decàles Monts , que Dom Olivarès Le autres Chefs lui amcnerencen toute diligence. Dom Amedée même y alla en personne,

Lc en son lieu le Marquis de Tréfort fut pourvu du Gouver-nement de Savoie. Tandis que le Duc apprêtoit ces forces ,ceux de l’Armée du Roi faisoient toujours quelques coursesfur le Païs de ['Ennemi. Et même aïant eu avis que ceux deDormefan fe barriquoient, Lc vouloient discontinuer de païerleur contribution , advint que le onzième dudit mois de No-vembre , le Sieur du Poët y fut envoïé avec deux cens che-vaux , le Régiment de Bearnon , arriéré fils du feu CapitaineFayard , Lc lix Compagnies de Languedoc. Aussi-tôt qu’il yfut arrivé , il les envoïa sommer, avant que d’attaquer les bar-ricades, pour n’exposer ce pauvre Peuple au pillage. Comme