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~~i Au départ dc Briqueras, qui fut le 17 , on résolut de mar-
_ cher en Bataille , si d’avanture le Duc vouloir venir aux mains
Sïeuii desdi- comme u y avoir apparence , a cauie du voisinage d u logiseciiîKEs. qu’on alloit occuper, Sc importance d’icelui, si a avanture ilétoit forcé ; joint que son Armée surmontoit en nombre d’In-fanterie Sc Cavalerie celle du Roi. L’ordre de l’Armée du Roisut donc tel ; c’esl que l’on fcroit quatre Escadrons de Cava-lerie , Sc deux Bataillons de gens de pié. Les Sieurs de Gouver-née Se de Buous étoient à l’avant-gardc , aïant chacun un Es-cadron dc deux cens Chevaux Sc plus, Se un Bataillon de gensde pié au milieu, composé des Regimens de la Vilette , leMontmorin, Sc de six Compagnies de Languedoc, lequel Ba-taillon étoit commandé par M. d’Auriac , qui disposcroit lesenfans perdus selon l’occasion Sc alsiette des lieux. A la Ba-taille marchoit ledit Sieur Desdiguieres , avec la Cornette blan-che, fa Compagnie de Gendarmes, qui étoit grande Sc forte,Sc celles des Sieurs de Morges Sc de Mures. Le Sieur du Poëtà la main gauche, Sc dans son Escadron, sa Compagnie,celles du Baron de Briqucmaut, de Blagnieu , de la Buillc,Sc trois autres. Entre les deux Escadrons, un gros Bataillon degens de pié, garni de grande quantité de Piques Sc Mousque-taires , commandé par le Sieur de Pravault. L’Armée en telleordonnance, approchant dudit Cavours, eut avis que le Ducs’avançoit avec ses forces. II n’elì pas croïable combien certenouvelle haussa le cœur, Sc accrut l’ardeur de combattre à unchacun.
On logea tard audit Cavours : car on demeura long-tempsen la place de bataille fur les faussés allarmes qu’on eut. On at-tendoit aussi le retour du Lieutenant du sieur de Poët , qu’onavoir envoie prendre langue jusqu’aux portes de Villefranche ,dont le Duc partit ce jour même pour aller droit à Vigon. Ledix huit fut emploié à reconnoître la Place de plus près : sur-tout on jugea que ce fcroit un grand avantage de se loger surun croupe de roc opposé à une Tour qui défend ledit Château ,bien quelle en soit séparée de cent ou six vingt pas. Ce logisfut gagné avec une très grande difficulté , Sc fallut apporter( par un chemin très âpre Sc très rude ) grande quantité de sacspleins de terre Sc dc fumier , fur ladite croupe de roc : à quoifurent taxés par billets , tant les gens de cheval que de pied,qui tous sire n t si grande diligence , Sc s’y emploïerent de si bonçpusage, que l’exécution fut presque aussi prompte que le com>-
mandement*