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Tome cinquième.
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DE L A LIGUE. 785

mandement. L’artillerie arriva dudic Briqueras le dix-neuf ; cemême jour on eut divers avis comme le Duc se rcmuoit, pourne laisser perdre cette Place à sa vue. Le vingt on mit, non sanstrès grandes difficultés, lesquelles néanmoins on surmonta à lafin , le canon en batterie contre ladite tour , nommée Bramc-fan , que ceux du Pais disent avoir été construite pour occuperun endroit qui se trouve seul le long de la crête de ladite mon-tagne , dont on peut regarder le Château à droite ligne, Je resten’écant que roc taillé en forme de croisiant. Après beaucoup dccoups perdus , on éficura seulement les marchecoulis dc laditetour, Sc pour ne rien perdre, à faute de «'entreprendre, on efsaïaà l’entrée de la nuit de s’y loger , mais on trouva qu’il n’étoit en-

core temps.

Le vingt-un , on eut certain avis que le Duc devoir paroîtrepour secourir les assiégés, comme à vrai dire , la batterie du jourprécédent sembioit l’y avoir convié. Dc fait, le sieur Desdi-

Í ruicres y voïant beaucoup d’apparence , assembla dès le matines Chefs de l'armée, pour aviser si on devoir continuer le siégé,ou aller au-devant de l’Ennemi pour le combattre. Cette ques-tion , qui n’étoit petite, fut néanmoins bientôt vuidée par unerencontre d’opinions , de continuer l'un , Se ne laisser échapperl’autre : 6c pour cet effet chacun prit si tâche , qui à choiíir laplace de bataille , qui à faire clorre les avenues, de palissades,qui à la batterie : bref la journée fut si bien emploie , qu’aprèsavoir battu ladite tour, depuis les deux heures du matin jusqu’àcinq heures du soir , on l’emporta de bravade , nonobstant levoisinage du Château. Le vingt-deux à cinq heures du matin ,les sentinelles qui étoient en garde fur le haut du rocher ( d’oìil’on peut voir à clair le Fort de Briqueras ) rapportèrent d’avoirouï une grande salve d’arquebusades dc ce côté-là. C’étoit leDuc qui étant parti de Vigon à l’entrée de la nuit, y étoit allédonner une camisade , $í sans flatter il tint à peu qu’il n'empor-tât la Place : car ses gens avoient déja rompu les palissades , ôcétoient montés jusques fur la pointe d’un des bastions , dontils furent chaises Sc renversés à coups de main, dc croise d'ar-quebuses , à coups de pierres , Sc contraints de 1 aille r les mortsen grand nombre, Sc les échelles dans le sosie.

Sur cet avis , ledit sieur Dcsdiguicres monta à cheval avec fiCavalerie , qui alla prendre fa place de bataille à deux arquebu-íades de ladite Ville de Cavours , fur le chemin de Briqueras , in-certain de ce qu’on rapporteroitdudiç Briqueras. II s’avança , 6C

Tome V*

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Exploits ni/Sieur Desdi-guie&es.