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Tome cinquième.
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Exì^loits ruSlïlJR. DtSIJI-6CIERES.

788 MEMOIRES

eíTaïa de jettes environ cent cinquante hommes de secours dansle Château , portans chacun un sachet de douze à quinze livresde farine. Lc commencement & le milieu de Tcntreprisc luisuccéda : car il faut confesser qu’avec une résolution bien gran-de , ledit secours fut conduit jusques dans le milieu de Tannéedu Roi, monta une partie du rocher ; mais ils crièrent trop tôt,vive Espagne. Les corps de garde François s’étant étendus &Centrcsecourus Tun T antre , les rencontrèrent comme ils p as-soient une pointe de roc. II en demeura de morts fur la placesoixantc-llx & vingt-deux de prisonniers , entr’autres deux Ca-pitaines , Tun Arragonois , & Tautre Milanois ; le reste s’cnretourna , ou s’il y en entrèrent quelques-uns , ils furent blessés,& quitteront ce qu’ils portoient, jusques même à leurs armes ;de forte que ce furent autant de gens inutiles. Hierôme deVersel, Maître de camp qui commandoit dans ladite Place,demanda à parlementer ce jour même , tandis qu’on continuoitla batterie, montrant n’avoir faute d’assirance & de courage,mais appréhendant fur tout le reproche , Le lc rigoureux châ-timent de son Maître. Enfin , la nécessité où il se vit réduit ,& la difficulté d’êtrc secouru, lui firent paster par dessus ces con-sidérations.

Le Lundi deuxième Décembre , ils firent faire une chamadepour retirer leurs morts , auxquels on voulut rendre ce chari-table office de leur donner sépulture. C’étoient la plupart Sol-dats d'élite , tirés cinq pour Compagnie de toute leur Infanterie;savoir, cinquante Espagnols, cinquante Milanois, cinquanteNéapolitains ; lesquels le Duc &L Dom Olivarès conduisirentenviron deux milles par deçà Vigon , fur le chemin de Ravel,comme les Prisonniers Tassurerent. Le Vendredi quatrième , les[Ennemis se sentant obligés du foin qu’on avoit voulu avoir deleurs morts , envolèrent un Ailier Espagnol pour en remercierle sieur Desdiguieres, & le prier de plus , de permettre auditAlsier de faire faire les cérémonies funèbres à ses compagnons ,même à un Capitaine Espagnol qui conduisait leur secours : ceque ledit sieur octroïa volontiers , &. rcconnut-on deux choses ,qu’ils étoient proches de leur fin , Si. que Hierôme de Versel, êcle Comte de Luserne , qui commandoient dedans ledit Château,étoient bien aises de faire jetter la premiere planche du parle-menta un Espagnol.

Le Samedi cinq au matin, ils envoleront leur capitulationpar écrit, qu’on leur accorda avec toutes les cérémonies qu’ils