ij P R E' F A C E.
chés au tombeau de silence, pour faire place aux agréa-bles enfeignemens d’une Paix assurée. Que dites - vous,m’oïant tenir ce langage? Je le vous dirai moi-même.Ce font paroles : Sc je me contente de parler. Puis - jeautre chose parmi tant de tempêtes! Vous entendez quela Ligue est amortie: cuidez-vcus point qu’il lui en pren-ne comme aux íerpens, que la rigueur d’un long hiverengourdit tellement, qu’on peut les manier aisément ,juíqu’à ce que les tièdes raïons d’un Soleil de Mars leurpermettent & leur donnent moïen de siffler & cracherleur venin! La splendeur de i’or étranger avoit telle-ment échauffé les Ligueurs , qu’on n’a entendu par toucle grand Roïaume François, l’eípace de plusieurs an-nées,sinon des sifflemensserpentins,qui,iuivis de poisonsmortels , ont amené notre patrie au bord du tombeau.Les rudes bastonnades que la Ligue a reçues, les étran-ges changemens des Chefs d’icelle , infinies pratiquesdedans Sc dehors le Roïaume, ont causé cette stupeurque l’on a vue comme en un instant. Mais il faut monterplus haut. Le grand Juge du monde voulant faire grâceà la France, Sc la relever de l’étrange maladie qui sa-voir du tout atterrée, a bien sû trouver le moïen de ren-verser , dedans peu de jours , tous les cauteleux effortsde l’ennemi du genre humain. L’ambition, qui ne se plaîtqu’à bâtir fur les ruines d’autrui, qui ne íe paît que deslarmes des affligés, qui ne se peint qu’au sang des inno-cens, qui ne songe que forteresses , villes , Sc couronnesnouvelles, qui ne fait commander ni obéir, a fait de l’en-ragée tout son saoul, depuis dix ans, contre íoi-même,contre ses esclaves; Sc Dieu s’est vengé de ses ennemispar íès ennemis. Qu’a gagné l’ambition ! finalement ellea rendu gorge. Ses valets font fondus comme nége ausoleil ; leurs desseins ne font que fumée. Ils en lont con-