Band 
Tome sixième.
Seite
15
JPEG-Download
 

DE LA LIGUE. Is

portemens , 8c repouílèr lc blâme que l’on me pourroit im-puter.

J’ai été nourri 8c élevé dès Page de douze ans auprès denos Princes 8c de nos Rois, Le les ai toujours très fidèlementservis, depuis le temps que j’ai pu porter les armes jusqu'à lamort du feu Roi Henri dernier décédé. Et si j’ai discontinué àl’cndroit de celui-ci, c’a été pour la seule cause de la ReligionCatholique 8c Romaine , pourceque lors il n’cn faisoit profes-sion , 8e estimois que je ferois contre ma Religion Le ma cons-cience si je le servois 8e portois les armes pour lui contre 1&Parti Catholique , où je ne connoiíïois pour lors autre am-bition que la feule cause 8e prétexte de la Religion, Le meretirai d’auprès de Sa Majesté pour ce seul sujet , sans êtreappellé au Parti de la Ligue par préíens, bienfaits, ou au-tre obligation que j’euffc aux Princes de la Maison de Lor-raine , ne les aïant point auparavant servis ni recherchés.

Etant entré au Parti de la Ligue pour les causes susditesje nry fuis comporté en homme d’honneur, 8c y ai servi avectoute affection , peine 8c hasard, 8t n’en veux rapporter autrepreuve que celle que vous autres. Messieurs, de l’un 8c l’autreParti, à qui j’adreile cet écrit en pouvez rendre. Aïant été auSiégé des Villes qu’à fait S. M. ou aux armées qui se sont trou-vées les unes devant les autres , 8e là avez pu juger ceux qui ontparu le plus souvent sur la Place , Lc qui ont en notre métierbien ou mal fait.

Je me suis trouvé dans le mémorable siégé de Paris, aveccent à cent vingt Chevaux-Legers , 8c soixante Arquebusiersà cheval, que j’ai montés 8c armés à mes dépens , Lc , diraiplus, entretenus de mes deniers durant le Siégé, Lc ne s’yest faite aucune entremise , charge ou escarmouche, que mesCompagnons avec moi n’aïons été des premiers à l’exécuter auxdépens de notre sang Lc la perte de nos Chevaux, en telnombre , que je puis dire, avec vérité, que les deux parts yfont morts d’arquebusades ou coups de main.

Le Siégé étant levé, je sis toute la diligence à moi possible,avec la dépense que chacun sait qu’il a convenu faire en tellechose, pour refaire ma Compagnie, la remonter Lc remplir detous les meilleurs Soldats que je pus recouvrer de toutes Nations,que j’achctai à force d’argent, Lc remplis ma Compagnie plusbelle Lc forte qu’elîc n’étoit auparavant, avec laquelle j’ai tou-jours suivi Lc servi Monsieur du Maine, qui m’a emploie aux

1 594 -

M ANIîíSTV I M. UVlT&i.