DELALIGUE. 19
'les Coutumes êc l’Etat même, s’ils le peuvent transporter enmain étrangère. Je sais, pour y avoir été présent, combien cespropositions ont été désagréables à fi peu de Noblesse qu’il yavoit à cette Assemblée d'Etats à Paris , & qu’ils ont vertueuse-ment résisté à ne consentir à choses st déshonnêtes à leur Ordre& Profession , qui a rompu Sc retenu à coup ce qu ils vouloientfaire. Et pour moi, les choses m’étant connues si injustes 6c dé-raisonnables , je m’en fuis voulu départir , êc comme bon Fran-çois , jetter aux pieds de mon Roi, pour emploïer mon sang ÔCma vie à son service, pour le soutien de sa Couronne , de sonhonneur , de sa personne 6c de son Etat, êc espere en Dieu quetous les gens d’honneur, qui ont même connoissmce de cetteambition étrangère , feront comme j’ai fait ; ôc loue Dieu fanscesse 6e le remercie de la grâce qu’il m’a faite d’avoir été le pre-mier à tracer ce chemin pour apporter exemple à tous mes sem-blables.
FaitàMcaux, ce douzième jour de Janvier, mil cinq centquatre-vingt-quatorze.
DECLARATION
De la Veille de Meaux , à MeJJìeurs les Prévôts des Marchands tEchevins & Bourgeois de Paris .
IVTes si eu r s ,
Tant que nous avons estimé que notre Religion Catholique6c Romaine couroit fortune, il n’y a point de tous ceux de l’U-nion qui se soient montrés plus prompts 6c affectionnés quenous , en tout ce qui a été nécesiaire pour cette guerre. Vous enêtes les meilleurs témoins, qui vous pouvez souvenir qu’après laperte de la Bataille de Senlis, encore que nous n’euffions au-cune Garnison , que lors notre Ville fut foible 6c Monsieur deMayenne éloigné, assiégeant Alençon, néanmoins nous résistâ-mes courageusement à cette armée victorieuse, qui avoit gagnédix canons. Et depuis, après la journée d’Ivri, en laquelle il sem-bloit que toutes les forces de notre Parti eustent été abbatues,& nos astaires entierement ruinées, néanmoins au milieu de lareddition des autres Villes nos voisines, non-seulement nous
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