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Roi.
MEMOIRES
vant les hommes 6c si nouvelle , que je craindrais fort de les enaccuser de peur d’êtrc soupçonné d’imposture ; n’étoit que leurDiscours jmpudence s'est débordée jusqucs-là de se dire Auteurs d’une siexécrable perfidie , ôc la prêcher publiquement. Or , veux-jemontrer par ce présent Discours le contraire, à celle fin quedéformais on bouche les oreilles aux enseignemens de tels An-te christs , 6c que par la fausseté de telles propositions le Peupleapprenne à n’ajoutcr plus foi aux autres qu’ils pourront ci-aprèsproposer, & principalement touchant les affaites d’Etat, com-me n’en pouvant non plus juger qu'u n Aveugle des couleurs.Qu’un chacun donc remarque en premier lieu , qu’il ne doitrien tant honnorer 6c révérer que son Roi , comme celui quiest l’image vive & animée de Dieu. Jcsais bien que les Théolo-giens tiennent que tout homme est créé à la ressemblance de laDivinité , 6c que même en notre ame y font tracés quelques ves-tiges de la Sacrée Sainte Trinité ; mais je veux dire que les Rois,outre cette générale similitude, en ont une particulière , attenduqu’ils font constitués en ce bas monde comme vrais Lieutenansde Dieu , lequel ils représentent au gouvernement de leur Em-pire. Car tout ainsi comme ce grand Seigneur 6c Pere ce-íf
leste par sa prévoyance admirable fait tourner les grands glo-bes qui nous dépareillent par leurs influences tant de douceurs,6c contient fans désordre l’harmonie des autres corps de l’uni-vers : de même aufli les Rois ont l’œil dessus leurs Empires ,manient 6c tournent leurs Sujets, comme ils voient être bon ÔCnécessaire , donnent 6c prescrivent loix à ce que le reglementôte la confusion qui pourroit naître fans icelles. Je laisse plu-sieurs autres ressemblances assez connues à un chacun , 6c les-quelles nous apprennent qu’il n’y a rien ici bas qui plus naïve-ment représente la Divinité , que la puissance Roïale. Et ce futla brave 6c sage remontrance que fit Artabanus Lieutenant duRoi de Perse à Themistocles banni de la Grece. Les Loix SCcoutumes des hommes, disoic-il, sont différé n te s , Themisto-cles , 6c y a des choses tenues honnêtes en un Pais qui ne lefont pas en lin autre , mais bien est-il par-tout honnête à unchacun de garder 6c maintenir celles de son P aïs. Quant à vousautres Grecs , on tient que rien ne vous est en plus grande re-commandation que la liberté 6c Légalité ; mais nous autres Per-siens estimons que la plus belle 6c sainte Ordonnance que nòusaïons, soit celle qui nous commande d’honorer , servir, 6c ré-vérer notre Roi, ni plus ni moins que l’image du Dieu vivant
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