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Tome sixième.
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LE RESPECT DU

DE LA LIGUE. 35

Craignez Dieu, 6c honorez le Roi. Et plus bas, íoïez sujetsà toute créature humaine pour l’amour de Dieu , soit au Roi,comme étant le premier de tous, soit aux Chefs 6c Gouver-neurs envoies de fa part, car telle est la volonté de Dieu. Je auRoi.demande maintenant aux Rebelles 6c Aíïaffinateurs volontaires,fur quoi ils peuvent fonder leurs intentions malignes 6c enragées,sinon fur un transport 6c aveuglement prodigieux ? Car que pour-roit-on alléguer à l’encontre de tant d’autorités si expresses 6c siévidentes ? Donc nous apprenons d’icelles, que nous devonstout honneur ôc obéissance à nos Rois , ôc que nul de ceux quien médisent 6c attentent à leur personne, ne pourra jamais parti-ciper à la béatitude éternelle. Or veux-je , laissant plusieurs au-tres particularités, traiter ces deux points ici seulement, que jeviens maintenant de toucher , savoir est , la médisance 6c lavolonté de commettre un meurtre si exécrable ; à celle fin quevous connoiísiez en quel état sont ceux, lesquels commettent fau-tes si déplaisantes à Dieu. Quant est de la médisance , elle estmanifestement défendue par la Sainte Ecriture dans l'Exode,

Exod. ii. où il est dit: Vous ne détracterez point des Dieux,

6c ne médirez point du Prince qui est fur le Peuple. Ce com-mandement a été rendu plus formidable par les punitions exem.plaires que Dieu Iui-même a faites de ceux lesquels y ont contre-venu , comme il se voit en la personne d’Aaron 8c Marie , quiavoient murmuré contre Moïse à cause de sa femme ^Ethio-pienne , N~um. i2., ou selon i’Hébreux , parccqu’il avoit prispour femme une ^Ethiopienne , en quoi il fembloit avoir faitcontre la loi. Néanmoins notre Seigneur s’en fâcha contr’eux ,les appella 6c leur dit : Pourquoi n’avez point craint de parlermal démon Serviteur Moïse? Après ces paroles, comme irritéde leur murmure , il s'en alla, 6c disparut la nuée qui étoit fur letabernacle, 6c voilà Marie saisie de lèpre , en punition de fa dé-traction. Ha ! que si Dieu vous avoit punis, o Rebelles, tou-tes foi s 6c quantes que vous avez médit du feu Roi 6c de celuiqui est à présent, qu’il y a long-temps que le tonnere vous eutréduits en poudre, ou que la lèpre corporelle vous eut saisis ;car quant à la spirituelle, vous en êtes tous infects 6c puants long-temps y a. Je pasterai volontiers fous silence la punition qu’eutSemei, pour avoir injurié David, afin de vous représenterl’cxemple que Saint Paul nous en a donné en fa propre per-sonne. Acl. 23. Car par icclui vous connoîtrez comme il se fautgouverner envers ceux qui ont charge publique, quand il est

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