z6 MEMOIRES
1594. question de médisance. L’histoire porte dans les Actes des Apô-D tres , que ce vaisseau d’élection, après avoir été outragé de
sur le res- soufflets par le Pontife Ananias, qui étoit un très mauvais Pré-ncr dû au lat Le plein d’hypocrisic pharisaïque , ne pût se tenir de dire:Ro1 ' Dieu te frappera de même, parois reblanchic. Ceux qui étoient-
là présens lui dirent, comment ofes-tu médire du Pontife ? Jene le savois pas, répondit Saint Paul, car autrement je m’enfusse abstenu, sachant bien qu’il est dit: Tu ne médiras pointdu Prince qui est constitué fur le Peuple. Je vous demandemaintenant, faux Prophètes , si Saint Paul prend pour excusede fourrage fait au Pontife , qu’il ne savoir pas qusil jouit duPontificat, quelle excuse pourrez-vous prendre vous autres ?Ignoriez-vous que le feu Roi fût votre Prince Souverain Lc lé-gitime ? Et de celui-ci, quoi ? La Loi du Roïaume ne vouscondamne-t-elle pas ? Néanmoins vous avez médit de l’un Lc del’autre, & en médites encore tous les jours , tant votre fureurest remplie d’insolcnce. Et puis-je que je vous estime vrais Secta-teurs de Notre Seigneur, ôí imitateurs de la Sainteté des Apô-tres , mais bien au contraire Disciples de Satan , & vraiementexcommuniés. Que cette derniere qualité ne vous semble pointétrange Lc nouvelle : vous ne faites retentir autre chose, sinonl'appréhension que nous devons avoir tous de Lexcommunica-tion , cependant vous n’avifez pas que vous l’encourez tousles jours , médisant du Roi. Si vous l’ignorez , le cinquièmeConcile de Tolède le vous apprendra. Con. Toi. can. 5. Envoici le texte : pour retrancher plusieurs mauvaises & pestilen-tielles mœurs Lc façons de faire, nous avons ordonné avec unedélibération salutaire, que personne n’ait à médire du Princeque Dieu nous aura donné : qui fera autrement, qu’il soit punide'.'excommunication Ecclésiastique. Vous êtes donc, ô Médi-sans & Rebelles , vous êtes tous excommuniés, ou il faut quevous rejettiez les saintes Constitutions de l’Egliíe Catholique.Or ce trait ici particulièrement se doit adreííèr aux Prédicateurs,qui trop liccntieusement détracteur en leurs Chaires, des Rois ,& Magistrats de la République : chose qui leur est expressémentdéfendue en plusieurs Conciles, Lc spécialement en celui de Co-logne, Cône. Col. 6.part. chap. 1 3. & 16. qui dit, que le Prédi-cateur doit éviter toute manifeste repréhension de l’unc Lc l’au-tre puisstnee , soit Civile , soit Ecclésiastique , pareeque c’est immoïen d’incitcr le Peuple à rébellion. Et au Chapitre dix-sep-tième il nous avertit qu'rl n’y a que la fraternelle correction qui