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Tome sixième.
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DE LA LIGUE. ao?

a été Ic plus infidèlement servi que jamais fût Prince ; car ilavoit cmploïéClaudcMatthieu en ses plus particulières dévotions, 1d’où il avoit aílez reconnu l’assection qu’il avoit à la Religion j^Doiíí.Catholique , ce qui n’empêcha pas de le trahir. L'ingratituderessemble les ulcérés malins , qui s’enveniment par les médica-mens. Après que ce Pape fut décédé, ils tâchèrent d’obtcnirfur son Succesteur ce qu'ils n’avoient pu gagner fur lui ; 6ccomme la condition des Princes est en cela bien misérable ,qu’ils n’oient ni voient que par les yeux ôc les oreilles d’autrui,

Sc au travers des pallions de ceux qui les fervent; ils le sollici-tèrent en sorte, qu'il lança fur nous un trait de son ire, S>Ccondamna une action la plus nécessaire, & par ainsi la plusjuste qu’il est possible. Mais depuis qu’il fut informé de la vérité,il se battoit cent fois la poitrine , pour avoir cru si légère-ment des calomnies , & donna des indices si clairs de son dé-plaisir , que les Jésuites en médirent publiquement : & entr’au-tres le Pere Bernard , prêchant en l’Eglife Cathédrale de Bour-ges, blasphéma impudemment contre sa mémoire, & voulutfaire croire au Peuple que son salut étoit désespéré, parcequ’ilavoit voulu pacifier les troubles de la France , Le, comme ildisoit, favoriser les Hérétiques & Politiques. Je n’ajouteraipoint à cela tout ce qu’ils ont fait depuis à Rome à notre pré-judice ; je ne dirai rien des traverses que le Cardinal de Toledea données à la négociation de Monsieur le Duc de Nevers ; jesupplie seulement la Cour de se souvenir que celui qui a donnécommencement à leur Ordre , étoit Espagnol, ennemi conjurédes François , qui a laissé cette haine héréditaire à ceux qui l’ontsuivi, ëc de penser aussi que leur Général est Sujet du Roi d’Es-pagne, qui emploie son crédit à l’agrandiíxement de son Prin-ce , à la volonté duquel ressortistènt toutes les conceptions desJésuites, tellement qu’ils font tout ce qui leur est possible versJe Pape pour nous y empêcher 1 accès.

Per varios cassis, per tot discrimina rerum

Tendimus in Ladum, sedes ubi fatá quietas

Ostendunt,-

S’il est vrai que les Jésuites soient, comme ils se font nom-mer joculi mentis Papce , nous n’y serons jamais accueillis de bonœil, tant qu’il plaira aux Espagnols. Ils se sont comportés enForte parmi nous, qu’ils ont fait connoître que le Roi d’Eípagne

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