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Tome sixième.
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Pi. AinoïrRvi.M. Dcllé

204 MEMOIRES

sc sert d’eux comme d'hameçons pour surprendre les plus soihlesesprits. Ce tyran nous a longuement combattus de lances d’or ,dc <ì cet arcenal ne sc fut épuisé , il nous eût été plus mal aiséde lui résister ; mais après avoir enfin connu se verèpiscatum esehamo aureo , ôc qu’il achetoit trop cher une vaine espérance, aulieu de son or, il nous bat de ruses &c trahisons , dont la mi-nière est belle Lc grande, ÍZ ne lui manquera jamais, tandisqu’il y aura parmi nous des Jésuites , qui en font bons ouvriers.Toutesfois lorsqu’on leur met cela sus , ils répondent, qu’ilsfont François, qu’ils parlent & prononcent François , Sz ontappris ladite Langue de leurs Nourrices. Je leur réponds que jene tiens point pour François tous ceux qui en ont l’habit ôc lalangue ; le schibbolet qui les discerne d’aveenous, n’est pas aillangage, mais aux actions 2 z coinportcmens au service duRoi.Etes-vous bien si effrontés de nier que vous n’aïez rien dit niécrit contre Sa Majesté ? II y a un grand nombre d’Ecoliers quitémoigneront que tous les themes que vous dictiez à ceux quiétudioient chcz vous , étoient autant dc libelles diffamatoires-Nous avons en main des propositions Philosophiques , impri-mées & disputées en votre Coliegc, où il y a une Epître pleinecl’in jures contre le Roi , que je neveux réciter. Nous avons devos Epîtres pleines de blasphèmes contre Sa Majesté :sed quota,pars jcelerum , à comparaison de ce que vous avez prêché? Vousisoleriez nier , que lorsque le Roi défunt étoit à Saint Cloud,l’an 89 , vous alliez tous les jours fur les tranchées distribuer del’argent & des vivres aux Soldats , &Z les animer par invectivescontinuelles à persévérer en leur désobéissance ? Vous êtes con*traints de confesser que su n de vous étoit Chef des Seize, quiprésident entre les voleurs , non pour modérer leur violence, maiscomme le mastigophore , afín de les élancer fur tous les gens debien. Mais je crains qu’il ne semble que je les flatte , si je m’at-tache à ces fautes, laistant en arriéré le cruel parricide qu’ilsont dessiné fur la personne du Roi. Ce n’est pas une imposture,comme ils disent des autres chefs de leur accusation, car ilssont confessé & défendu : &Z leurs défenses contiennent un autrecrime de leze-Majesté. Je vous supplie , Messieurs , de les écou-ter attentivement. Us disent que Varade aïant ouï Barrière, quiîui demandoit avis s’il devoir tuer le Roi ; il le jugea, à sonvisage, regard , geste & parole, égaré de son sens. Comment?Cette affaire étoit-elle de si peu d’importance , que vous l’aïezexaminée si légeremment ? Si Varade le jugeoit insensé, pour-