DE LA L I G U E. riz
tegem. Les François ont roujours abhorré ccs parricides ; ils onttoujours aimé Sc révéré leurs Rois. L’un dc ncs Historiens écrit,qu’un Evêque de Rouen étant accule de lezc-Majesté, le Roi lefit venir devant devant lui, Sc lui tint ce propos : Quid tìbi vi-sum efl , ô Episcope , qui hojlem filium patri fecifti , JèduxiJlipecuniâ plebem , ut nullus mecutn fidem habïtam cujiodiret , voluìf-tique regnum meum in manum alterìus tradere S Ce n’étoit qu’uneplainte, Sc n’cn voïoit-on pas dc preuve; Sc néanmoins je vousprie d’cntendre le zele de nos peres : heee eo dicente infremuitmulutudo Francorum ^ voluitque cjlia bafilicœ rumpere , quasi utextradum Sacerdotem lapidibus urgeret. Le Roi l’empêcha prudem-ment. Mais qui trouvera mauvais que les François usent dcleur naturelle promptitude , quand il s’agit de la vie de leurRoi? Suivons , suivons l’excmple de nos Prédécesseurs. On nousdit que les Jésuites ont voulu faire assassiner le Roi, ils en ontdonné des indices par leurs sermons. Le traître a confessé qu’ilslui en avoient donné le conseil : Sc nous douterons maintenantce que nous devons faire dc ceux qui in unica illa cervice nousont voulu à tous couper la gorge? Messieurs , vous n’aurcz ja-mais une telle occasion dc délibérer de ce point : íi vous ne leschaílèz, vous les établissez en France ; nos premiers mouve-mens font pleins de vigueur &C de courage , mais ils s’allentis-fent avec le temps. Nous Pavons aílez éprouvé en ceci; cardepuis trente ans que ce fait fut agité , nous nous sommes en-dormis , 2c, utferò Phryges , nous [savons pensé au mal qu’enî’endurant. Ce mal, à la vérité, nous a piqué les esprits , Sc lors-que nous étions au grand accès, il n’y avoir un seul de nousqui ne se résolut de jetter la premiere.pierre. Ceux qui les fa-vorisent aujourd’hui, les jugeoient par la notoriété ; mais de-puis que nous avons vu le port, nous avons oublié la tempête.Les Jésuites, qui connoiflént bien cette humeur , veulent tirer lejugement en longueur, Sc gagner le temps qui gagne tout enFrance; étant bien assurés de vaincre, s’ils peuvent gauchir àce coup. Les demandeurs supplient très humblement la Courd’y donner ordre. Ils savent bien que leur profession les dispensede requérir la vengeance de leurs méchancetés , Sc ne veulentpoint imiter la cruauté des Jésuites ; mais comme ancienne-ment les Pontifes de Rome étoient obligés de donner avis auSénat des prodiges qui se rencontroient, asm de les expier;ainíi les demandeurs qui ont charge des choses sacrées, commeavoient ces Pontifes j vous avertissait qu’il y a un grand prodige
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Plaidoyerde M. Dollé.
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