D E L A L I G U E. yiy
mins très dommageable à l’avanccment de notre Religion , d’é-tablir un nouvel état Sc réglé de Police , qui ne peut en-gendrer que divisions , défiances , plaintes , jalousies , envies ,querelles , Sc autres piques Sc simultés intestines , auxquellestoutes sociétés Sc Ligarchies sont ordinairement sujettes , vuque l’Eglise Catholique est une sainte Ligue , à la défense dclaquelle tous Chrétiens-Catholiques font obligés Sc astreints parles fermens de Baptême Sc de la Sainte Communion ; que íicette Ligue Sc Communauté dc í’Eglise n'est astèz forte Sc suf-fisante pour faire exposer vie 6c bien au Peuple , toutes les foisque le besoin Sc nécessité de la Foi Catholique le requiert, iln’y sauroit avoir autre Ligue Sc Société suffisante à ce faire , sisous prétexte de la Religion ne font proposées quelques particu-larités de profit , qui aient plus de puissance fur les Asiòciés,que le seul regard de la Religion , qui par ce m oie n ne serviraque de couverture Sc excuse à la glouton nie Sc ambition de ceuxqui se liguent par autre serment Sc Sacrement que ceux de l’E-
glisc.
Et au regard de l’autre cause attitrée du nom de Roi, je n’aipoint encore oui dire, que Ville ou particulier, quel qui soit,révoque en doute de la puiílance légitime du Roi en la Couron-ne : Sc où quelques-uns seroient tant mal avisés , si les auteursde la Ligue Sc leurs gens font aussi zélateurs du service du Roiqu’ils en font le semblant, le serment donné au Roi, lorsqu’ilsuccédé à la Couronne, doit suffire pour convier leur devoirà emploïer vie, corps, Sc biens pour son service, sans obligerà une Ligue ce qui est au Roi , Sc qu ils ne peuvent redonner ,& moins la porter en contribution de société , sans lui ôterpremierement. Mais posé le cas que les causes susdites fuíîentvéritables, encore seroicnt-ellcs impossibles de mettre à exécu-tion. Car quant à la Religion, il ne se trouve point en tout lecours des Histoires , depuis le commencement du monde , queles différends émus en la Religion se íoient décidés par autreglaive , que celui de la parole de Dieu, Sc les Histoires Ecclé-siastiques nous enseignent que les armes , les séditions , les guer-res ont toujours été les argumens des Hérétiques Sc non desCatholiques ; lesquels , s’assurant en la vérité de leurs proposi-tions , n’ont jamais craint de repouílèr, Sc débattre à diversesfois , Sc autant que l’on a révoqué en doute , une même ques-tion en plusieurs Sc divers Conciles, pour ce qu’ils ont estiméque la vérité, qui est toujours semblable à foi en tous lieux, ÔCTome VI, F £
1594.
Avis et Ab*
JURAT. d'uNLigue.