^ 594 -
Avis ET Ae-
IURAT. d’uN
Ligué.
zzé MEMOIRES
en tout temps , n’est point attachée à un ou deux , ains à tousConciles légitimement assemblés. A cause de quoi, quand lesHérétiques ont récusé , ou désavoué les Conciles, qui les avoientcondamnés , soit en n’approuvant point la forme de leur voca-tion , soit en proposant erreur contre leurs jugemens Lc déter-minations , les Orthodoxes n’ont différé leur accorder la con-vocation d’un autre Concile , & de rcchef y proposer ce quiavoit été précédemment arrêté. Mais nous ne lisons point queles Catholiques se soient élevés en guerre civile contre les Héré-tiques ,si ce n’a été pour leur conservation Lc défense seulement.Et oh la corruption du temps en donneroit quelque exemple ,( ainsi qu’on pourroit remarquer par les guerres dc nos Roiscontre les Goths, & du Comte de Mont-Fort contre les Albi-geois ) nous devons en cette particularité considérer deux cho-ies ; l’une que la cause de la Religion n’a été que l’accessoire& accident de la guerre des Goths, suscitée par autre principalrespect: ; l’autre que la force des armes , quelque victoire quisoit advenue, n’a pas éteint ni aboli l’opinion des Albigeois,ains demeurant supprimée quelque temps par la force des armes,eff néanmoins demeurée héréditaire en l’csprit de plusieurs , &íqu’enfin l’aïant derechef découverte & remise sus , elle a trou-vé si grand nombre de propugnateurs , qu’ils sc pensent au-jourd’hui assez sorts pour démêler leur querelle en un champ debataille. Ce que nous ne devons essaïcr pour deux raisons ; l’uneque telle guerre universelle est coutumierement suivie d’unesubversion de l’Etat, ainsi qu’il est advenu en l’Empire Romain,après la guerre de Constantin &c Licinius ; l’autre, que leglaive spirituel, possédé par l’Eglise , n’a rien de commun avecle temporel. Et comme si nous avions perdu la bataille , nousne voudrions pour cela diminuer aucune chose de notre Reli-gion , aussi saut-il considérer que la perte tombant sur le particontraire , comme elle a ja fait par plusieurs fois , ils n’accor-deroientpas pour cela que leur Religion fût amoindrie. II se roi tà désirer ( dc ma part, je fuis du nombre de ceux qui en ont leplus d’affection ) que le différend qui est en la Religion fût ôtédu milieu dc nous : mais puisque les expériences faites depuisvingt-ci n q ans & plus, que n’avons cessé de combattre fur cettequerelle , vaincus au milieu de nos victoires, nous ont enseignéque le coup doit venir du Ciel, & n’o.n pas des hommes , j’es-time que ce seroit une très grande folie de vouloir retenter unhasard du tout infructueux & inutile , puisque l’opinion con-