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Tome sixième.
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D E L A L î G U E. n 7

fisse en Tefprit, & ne se peut assujétir à la force èc courage cìucorps. Au contraire , je fuis contraint de croire , que commenaturellement nous enclinons à chercher èc désirer les choiesqui nous font défendues , auísi tant plus nous courons fus , Lctravaillons ladite opinion , plus elle croît èc s’enforçit ; au lieuque si nous la méprisions, èc remettions au jugement dcDieu,

( qui seul la peut confondre èc abolir ) , elle fe perdroit ècs’évanouiroit de foi-même , suivant l’avis du bon Gamaliel.

Quant à i’autre cause , comment fcroit-il possible d’emparerèc défendre la Majesté du Roi par cette Ligue , puifqu’elle-même la viole èc la détruit, ainsi que nous avons ci-dcvant re-montré ? Si ladite Ligue opprime les privilèges de la Couronne ,confond Tordre èc le règlement des Etats du Roïaume , abolitle ferment de fidélité que les Sujets ont à leur Prince , èc , pourdire en un mot, transforme la Roïauté en une confusion d’Oli-garchic èc Ochlocratie , de quel front osent proposer les Con-jurés que leur Ligue soit ordonnée pour la conservation & dé-fense du Roi Lc de fa Couronne ?

Ces beaux titres donc de Religion èc Majesté , exposés enla montre de cette Ligue, ne font point les causes finales d’iccl-le , mais plutôt impostures Lc artifices pour séduire èc surpren-dre la crédulité des Sujets fídeles à Dieu èc à leur Roi; commeauísi les noms de Ligue èc. de Roïauté ne pouvant demeurerensemble dans un même Etat , pour les raisons ci-devant dé-duites, ce papier ou plutôt abomination, qu’on faifoit jurer(Ligue), si le Roïaume de France ne celle d’être appelleRoïaume, jufqu’alors doit être par un nom propre convenableà son sujet, nommé conjuration : les causes de laquelle ferontfaciles à comprendre èc recueillir , si nous ressentons en notremémoire les progrès des choses passées.

Entre plusieurs maximes contraires au bien de la Couronne ,reçues èc. pratiquées par le conseil de nos Rois , depuis le dé-cès du bon Roi Henri leur pere , que Dieu absolve , celle-ci aété, selon mon avis, plus dommageable, que d’avoir ôté la con-noissance des affaires aux grandes Familles, qui les avoient me-nées fous les regnes du grand Roi François èc Henri, son fils,pour les commettre à la croïance de personnes nouvelles ècinconnues, afin qu’en les élevant par ce moïen aux premieres ri-chesses èc honneurs de ce Roïaume, lefdites grandes Famillesfussent d’autant plus abaissées , èc s’il étoit possible, dépouilléesde leurs biens , non moins que de leurs états.

1594-

Avis ft Ab-jurât. v'uíiLigué.