DE LA LIGUE.
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DISCOURS U ET AI
SUR LA BLESSURE DU ROI.
X-í’afrique n’engendrc plus les Monstres ; l’aìr de notreEurope les conçoit, la France les nourrit 3c les éleve, l’Efpagneles avoue, 3c Pltalie les sanctifie : de bâtards, elle les fait légi-times , 3c de simples avortons, elle les rend hommes parfaits :la Chétienté en est émue, le Christianisme scandalisé & l’Eglisedivisée ; bref tout ordre est tellement perverti, que les Traîtresse nomment Partisans, les Séditieux , bons Catholiques , lesNeutres, Féaux 3c Avisés, les Rebelles , Corrivaux d’Etat, lesServiteurs, En fans de famille, les Etrangers , Naturels 3c Ori-ginaires du Roïaume ; voire les colomnes de l’Etat 3c les piliers-de l’Eglisc , chacun se plaint du mal , sans chercher le remede.La gangrène se met en l’ulccre, 3c au lieu de cautère ardent,l'on p applique des étoupes , ointes d'huile Sc de vinaigre. LesMédecins sc moquent du malade , la sonde des Chirurgiens ncpénètre point jusqu’au vif, la nature veut forcer la violence dumal, 3c aucun ne la seconde , les médicamens y répugnent, lacrise n'en est pas remarquée , l’on n’est en aucun doute , fur ccque l’on ne craint pas ; la crainte ne surmonte jamais le désir ,le désir surpasiè le devoir , Sc pour le dire en un seul mot, touteschoses font indifférentes à une ame mal née 3c à un esprit cor-rompu Sc dépravé. Nous étions perdus si nous ne 1’euísions été.Le bonheur de la France est pareil à un Phénix , qui fait naître
(i)Ce Discours parut d’abord en 1595 àParis, chez Métayer, i/t-Ss 0 . avec permis-llìon. II fut réimprimé en 1599 > aussi à Pa-ris, i/z-n, chez Jean Richer , dans unrecueil d'Opuscules de l’Auteur , intitulé :Les Œuvres d’Alexandre dePont-Aimery,sieur de Pocher an. II n’y a que six Ecrits ;le Discours est le cinquième. L’Auteur étoitun Gentilhomme : il avoir voïagé ; avoirdemeuré vingt-deux mois en Italie , dontil visita les principales Villes , s’étoit trouvéa différentes Batailles, cn particulier à cellede Pont-Charra, & avoir toujours eu beau-coup de zele pour fa Patrie , Si d’attacne-snent pour Kenti IV. Il aimoit la Poésie 5
& indépendamment de quelques pieces quel’on trouve dans le Recueil cité, de 1J59 ,on connoît de lui un poëme intitulé : LaCité de Montelimarl ou les trois prinfes d'i-celle , en sept Livres, imprimé en 1 y 91 in-S a .Lin autre qui a pour titre: Le Roi triomphantsoù font contenues les merveilles deHenri IV tScc. II y a apparence que Pont-Aymery croiede Montelimart. Voïez la Bihlioth. franç.ou Hifl. de la Littérat. franc, tome XIV ,page 99 Lc suiv. L’Abbé Lengíet a fait réim-primer le Discours d’Etat, dans le tomeVI des Mémoires de Condé ; mais il n’y dicrien dc l’Auteur.
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