M 4 MEMOIRES
j 5 ^ 5 .~ vent fous leurs Jurisdictions ; Le eux , qui ont la tutelle des Rois,'Discours vivroient fous la halcbarde d’un Caporal, ou d’un simple Anf-suRUBLis- pessade. Ceci nous est presque advenu en la blessure du Roi,sunfno Roi, ( que le Ciel nous re n droit immortel si nous en étions autantdignes que ses mérites nous obligent à le desirer , Le la nécelsitéque nous en avons, nous y convie ) : fa mort éteignoit notre li-berté , fa chute aeeabloit notre bonheur , fa perte désoloit nosfamilles , son absence nous élit fait voir ce que nous craignons,son naufrage nous eut abîmés , Le le bris d’un si grand corpseut fait naître un écueil en Europe , où la nef de Saint Pierre íefut dissoute Le ouverte de toutes parts. Ne me croïez pas , Mes-sieurs, je souhaite que l’on me trouve menteur en ce que j’ai àvous dire : c’cst que quelques Capucins , Feuillans , Le autresReligieux de cette Ville , confessent librement qu’ils ne prientpoint Dieu pour le Roi ; parce, difent-ils, que le Pape ne l’apas absous , comme s’il lui étoit permis de condamner l’inno-ccnce, de juger de ce qui n'est pas mis en controverse , 6c detirer de la grâce de Dieu , celui qui la mendie avec autant d’hu-milité , qu’il y a de superstition en une si vaine Le présom-ptueuse rigueur. Puisque tous les Conciles tiennent que la Bullene rend point l’homme excommunié , mais la faute ; 6c que lasauce n'est plus où est la repentance , laquelle sert de commen-cement à l’absolution , Le de si n à la peine ( je parle de celle quepeuvent asiìgner les Juges spirituels ), pourquoi veulcnt-ils en-sorceler nos âmes , les repaissant d’une viande tant peu conve-nable à un Chrétien , qui doit pardonner l’offense avant mêmequ’elle soit achevée , 6c se plaindre plutôt, ou aigrir contre lemauvais naturel de celui qui le persécute , que répartir sur lepersécuteur. II est écrit, je l’attendrai jusqu’au Soleil couché ,6c lui ferai lumière en sa voie , de peur qu’il ne tombe.
Les Curés de toutes les Parodiés prient Dieu pour le Roi,les Loix divines 6c humaines l’ordonnent , ses bienfaits nous yobligent généralement ; 6C ceux ci, comme rebelles 6c criminelsde leze-Majesté, feront un divorce en l’Eglise , sans être , jene dirai pas punis , mais tant soit peu repris ? Les Sujets duRoi les nourrissent , voire les Rois mêmes les ont établis , &:par une erreur barbare , suivie d’un malicieux prétexte , ils ^af-franchiront du devoir même auquel la nature les astreint , êcla générale société des hommes les appelle. En la feule France,ils commettent cette impiété, parccque le mépris des Loix 6cde la Roïauté y est si grand , que les Prinçes n’y font respectés